L'Afrique a-t-elle réussi le "test" de la crise OCVID-19?

«AD TALKS», l'édition spéciale en ligne de la conférence internationale Atlantic Dialogues

La crise Covid-19, qui restreint les déplacements et regroupements, place l"Atlantique Sud face à de nouveaux dé!s, multiformes

La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la nécessité d’opérer un “rééquilibrage” des relations internationales, ont estimé, mardi 3 novembre 2020, à Rabat, des experts participant à la session inaugurale de la conférence annuelle “Atlantic Dialogues” (AD Talks), organisée par le Policy Center for the New South (PCNS). Lequel organisme de réflexion a choisi d’aborder le thème de «La crise Covid-19 vue depuis l’Atlantique Sud», au cours d’une édition virtuelle de sa conférence annuelle “Atlantic Dialogues”.

Les sessions plénières de cette conférence de haut niveau seront cette année déclinées sous forme de 15 wébinaires, programmés entre les 3 novembre et 22 décembre 2020, accessibles en ligne sur les pages Facebook, YouTube et Atlantic Dialogues du Policy Center. Une pléiade d’experts et personnalités civiles et militaires de haut niveau, du Sud comme du Nord, vont animer ces sessions plénières.

«Ce choix est dicté par la crise Covid-19, qui restreint les déplacements et regroupements, mais place aussi l’Atlantique Sud face à de nouveaux défis, multiformes», nous dit le communiqué publié à l’occasion. Dès le premier jour de cette édition, la discussion a porté sur un «passage en revue de la pandémie au Nord et au Sud», en français, en présence de l’ancienne Premier ministre du Sénégal Aminata Touré et l’ancien ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, sous la modération de Mvemba Dizolele, professeurs d’études africaines à l’Université John Hopkins.

Il a été, notamment, question de la redéfinition des rapports Nord-Sud induite par la pandémie, de la fin ou non de la domination du modèle occidental, de la rivalité sino-américaine et de la crise du multilatéralisme.

En effet, au cours des deux dernières décennies, le monde a connu un “rééquilibrage de puissances régionales”, notamment l’émergence de la Chine, des pays du BRICs, ou encore le Nigeria, a relevé Mme Aminata Touré, lors de cette session animée par le président du PCNS, Karim El Aynaoui.

Mécanismes de concertation
Après la décolonisation, les rapports ont changé et le nouveau concept «gagnant-gagnant » doit remplacer les clichés et stéréotypes qui ont entaché l’Afrique, notamment pendant cette crise sanitaire, a indiqué Mme Touré, notant que l’Afrique doit s’inscrire de plus en plus dans une logique d’intégration économique et financière par «un changement de paradigmes» afin de dépasser les 20% d’échange économique enregistré entre les États africains.

Elle a en outre indiqué que l’Afrique doit saisir les opportunités pour dialoguer, échanger et commercialiser «sans alignement vis-à-vis des Etats Unis ou de la Chine». De son côté, l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a indiqué que le monde occidental «a perdu le monopole de la puissance», et son modèle présente des «problèmes écologiques monstrueux».

Sur un autre sujet, M. Védrine a souligné que les rivalités sino-américaines vont dominer la prochaine décennie, précisant qu’il ne faut pas «idéaliser» la mondialisation.

Les discussions iront de la politique à l’économie, en s’interrogeant notamment sur ” l’Etat-providence dans le grand Sud : le retour d’un grand absent”, “les pandémies, sauver l’économie ou des vies?” et “l’âge de la désinformation”, entre autres, avant une discussion de clôture avec d’anciens présidents latino-américains.