L'afrique vent debout contre les tests sur ses citoyens

Propos polémiques de Jean-Paul Mira, chef du service de médecine intensive et réanimation de l'hôpital cochin de paris, sur "LCI"

La suggestion d’un médecin français de tester le vaccin BCG contre le Covid-19 en Afrique a fait l’objet d’un tollé international. Le concerné, dans des déclarations exclusives qu’il nous a accordées, parle toutefois de “confusion” à son encontre.

Le tollé suscité par la suggestion, le 2 avril 2020, du chef du service de médecine intensive et réanimation de l’hôpital Cochin de Paris, Jean-Paul Mira, sur la chaîne d’information française “LCI” de tester le vaccin antituberculeux BCG en Afrique pour mesurer son efficacité contre le Covid-19 n’est sans doute pas près de finir. Au contraire, les réactions ne cessent de fuser et vont même, selon M. Mira, aux menaces de mort, ce qui a d’ailleurs poussé ce dernier à porter plainte. Mais le concerné luimême pourrait faire face, à l’avenir, à des poursuites, puisque de nombreuses parties ont fait part de leur intention de saisir la justice à son encontre. C’est le cas du Club des avocats du Maroc, qui a annoncé par voie de communiqué, le 3 avril, porter plainte pour diffamation. Une décision motivée par les propos qualifiés d’“abjects, haineux et racistes” de M. Mira.

Par ailleurs, le député français d’origine marocaine M’jid El Guerrab a demandé à ses conseils de saisir le procureur de la justice, comme il l’a révélé sur les médias sociaux le 4 avril. L’AP-HP, le centre hospitalier régional parisien, et l’Université de Paris, desquels dépend l’hôpital Cochin, se sont pour leur part désolidarisés de M. Mira et ont publié le 3 avril une mise au point où ils “condamnent toute prise de position qui, à tort ou à raison, pourrait être interprétée comme péjorative vis-à-vis de pays africains”.

Essais cliniques
C’est par le biais de cette mise au point ainsi que d’une dépêche de l’agence Agence France-Presse (AFP) publiée le même jour que M. Mira s’est, soit dit en passant, excusé. Joint par Maroc Hebdo le lendemain, M. Mira parlait toutefois, sans en dire plus, d’un “communiqué maladroit” de l’AP-HP. Il a, ceci dit, réitéré ses excuses. “Désolé si mes mots n’ont pas été clairs. Et je vous prie d’accepter mes excuses pour cette confusion”, nous a-t-il déclaré. Se disant “inquiet pour l’Afrique même si vous n’allez pas me croire”, il a expliqué que sa suggestion partait du principe de faire bénéficier le continent d’une étude en cours de route en France et en Australie, dans la mesure où les pays africains seraient selon lui “plus exposé[s] aux formes graves [de Covid-19] car il y aura peu de masques comme partout, et peu de confinement du fait de la structure sociale”. “Les essais cliniques se font partout dans le monde. Peu en Afrique. Peut-être que vous et les autres devriez vous offusquer de cela”, dénonce-t-il. Il n’en a pas moins qualifié son intervention sur "LCI" de "stupide".

Outre les réactions, les propos de M. Mira ont conduit la République démocratique du Congo à renoncer à des tests qu’elle était sur le point d’autoriser sur ses citoyens de vaccins américain, canadien et chinois actuellement en cours de développement. Le coordinateur de la réponse dans le pays face au Covid-19, Jean-Jacques Muyembe, avait essuyé de nombreuses critiques après avoir fait part de la disposition de son pays à entamer les tests “peut-être vers le mois de juillet, août” dans une vidéo relayée sur les médias sociaux et datant du 1er avril.


1 commentaire

  • ben mhammed

    7 Avril 2020

    Pourquoi s offusquer de ces declarations?le monsieur n a fait que claironner tout haut ce que certains font en cachette et parfois avec l aide des autorités .La France a fait de belles cochonneries en Algérie avec ses tests nucléaires,la Belgique a fait des choses pas très catholiques a la population congolaises lors des debut du sida .Vous dites meme dans l article que certains essais pilotes par certains pays étaient sur le point de commencer.N oublions pas le don de graines de semence a certains pays africains qui ont eu pour consequence la destruction des activités agraires puisque les graines étaient soit transgéniques soit non adaptées aux sols pauvres de la majorité des pays cibles. Dernier exemple le Mali ,il faut surtout pas croire que la France est en train de combattre l extrémisme dans ce pays s il n y avait pas des choses a gratter dans les sous sols. Si on savait tout ce qui se tramait derriere les coulisses pour l Afrique et les africains certains auront beaucoup de mal a maintenir leur place au soleil.

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