African lion 2024: Les FAR renforcent leur force de dissuasion


Pour la vingtième année, les Forces armées royales (FAR) et leur homologue américaine de l’US Army ont tenu en cette fin mai 2024 l’exercice militaire African Lion. Un rendez-vous qui, cette fois, a été grandement marqué par la menace de plus en plus persistante que représente, dans l’Ouest de la Méditerranée, le déclenchement d’une guerre à large échelle à l’initiative de l’Algérie, quoique la communication officielle des différentes parties prenantes fasse uniquement mention du renforcement de l’interopérabilité entre les armées des pays participants, au nombre de plus d’une vingtaine, représentés par pas moins de 7.000 soldats.

Il faut dire que du fait du virage pro-marocain que prend, depuis un certain nombre d’années, le processus de paix dans la région du Sahara, avec un soutien de plus en plus actif envers l’initiative marocaine d’autonomie et, en l’espèce, davantage de reconnaissances de la marocanité des provinces en question -y compris, justement, celle des États-Unis, en date de décembre 2020-, les dirigeants de la voisine de l’Est adoptent désormais une posture clairement belliciste, illustrée notamment par leur décision en novembre 2020 de faire rompre au Front Polisario, qu’ils financent, abritent, arment et soutiennent diplomatiquement, le cessez-le-feu.


Comme on le voit, le mouvement séparatiste s’attaque même depuis plusieurs mois à des civils, avec un mort à Smara dans la nuit du 28 au 29 octobre 2023, après que le chef de ses milices, Mohamed Wali Akeik, a, dès novembre 2021 dans les colonnes de l’hebdomadaire britannique “The Economist”, brandi la menace de s’en prendre aux “entreprises et consulats, compagnies aériennes et autres secteurs” actifs au Maroc.

Le commandant du commandement des États-Unis pour l’Afrique “AFRICOM”, le général Michael Langley, a lui-même fait acte de présence à Africa Lion -dans ce qui constitue son deuxième déplacement de l’année au Maroc, après celui du 20 février 2024-, et que la veille de l’exercice, une longue séance de travail ait réuni, le 20 mai 2024 à Rabat, l’inspecteur général des FAR et commandant de la zone Sud, le général Mohammed Berrid, et la secrétaire américaine adjointe à la Défense pour les affaires sécuritaires internationales, Celeste Wallander.

Bien évidemment, l’objectif n’est pas tant que le Maroc épouse la même logique va-t-enguerre que l’Algérie, mais plutôt d’y parer en se montrant dissuasif, son crédo étant depuis toujours de privilégier la paix avec ses voisins au plus grand bénéfice des peuples de la région. Mais comme le veut le vieux adage romain, “si vis pacem, para bellum”: si tu veux la paix, prépare la guerre.

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