Camps de Tindouf : Affrontements violents entre tribus et naissance d'une opposition réclamant le départ de Brahim Ghali

Au sein du Front Polisario, les tensions entre factions montent. Une aile d’opposants à Brahim Ghali, autoproclamée Groupe de Redressement Révolutionnaire (GRR), veut voir le chef des séparatistes quitter la direction du Front avant le Congrès, prévu en décembre 2022. La nouvelle organisation a vu le jour le 9 mai 2022 dans les camps de Tindouf, où le chaos règne depuis des jours. Elle plaide pour un «renouvellement des élites», notamment dans les rangs des milices armées du Front et condamne la reprise des armes contre le Maroc et exige une évaluation des 18 mois de la prétendue «guerre» contre le Royaume.

Ce «putsch» pacifique sans effusion de sang est né dans un contexte de grabuges et de violents heurts entre tribus. Samedi 7 mai 2022, des affrontements impliquant différents gangs de la tribu Reguibat ont eu lieu au moment même où les miliciens du Front Polisario observaient une grève. Ces derniers s’étaient abstenus d’intervenir lors d’un échange de coups de feu. Des trafiquants de drogue ont mis les camps à feu et à sang. Deux jours auparavant, deux gangs liés à la tribu de Reguibat, dans le camp dit Laâyoune, se sont affrontés. Bilan: véhicules incendiés et des dizaines de blessés graves. Les combats à l’arme à feu et à l’arme blanche ont éclaté à la suite d’un différend lié à la drogue et à la contrebande.

La désintégration de l’autorité du Polisario dans les camps a été marquée par plusieurs échauffourées meurtrières qui ont eu lieu entre tribus rivales, notamment dans le sud et l’ouest de Tindouf dans le dessein de contrôler les circuits de la drogue et de la contrebande aux frontières. Tindouf est souvent le théâtre de violences et d’assassinats visant, notamment, des individus lambda, des militaires et responsables des services de sécurité du Polisario. Recrutés dans ces gangs, des mineurs portent des armes et sont souvent placés aux premiers rangs lors des fusillades.

M.K