Affaire Salim Cheikh, directeur général de 2m


Scandale autour d'un viol imaginaire


Cette semaine, le directeur général  de la télévision 2M, Salim  Cheikh, s’est retrouvé à son  corps défendant dans l’oeil du  cyclone. Une certaine Saloua Bouchaib,  passée en tant que stagiaire par la chaîne  en 2014, l’accuse de viol. Pour preuve,  avance-t-elle, des conversations téléphoniques  publiées sur son profil sur le  site web Facebook et qu’elle aurait transmises  à plusieurs médias nationaux “fin  janvier” 2017 déjà. On n’ergotera pas;  après tout, c’est à la justice de juger de  cette affaire. M. Cheikh a en effet porté plainte contre la jeune femme pour ce  qu’il qualifie comme un chantage: elle  l’aurait menacé contre un poste de journaliste  titulaire.

L’intéressée elle-même  reconnaît dans une interview au journal  électronique Al-Aoual le lundi 6 février  2017 qu’il aurait été question, avant ses  prétendus ébats avec le patron de 2M,  d’une offre d’emploi, et que le viol, que  d’aucuns avaient entendu au sens littéral,  serait plutôt psychologique -le commentaire  est sans doute dispensable à cet  égard. En vérité, c’est l’acharnement de  certains “confrères” sur M. Cheikh qui  appelle réflexion.

Calomniez! Calomniez!
L’homme, cela va de soi, est une personnalité  publique. A ce titre, ses potins  intéressent, ou du moins suscitent-ils la  curiosité, même indifférente. On lui prête  aussi, de par ses responsabilités, de la  puissance, et sans doute cela nourrit-il dans certains esprits les fantasmes les  plus fous: au demeurant, son magistère  à la tête d’un média, le plus regardé au  plan national, lui joue paradoxalement  un mauvais tour.

C’est que certains titres  n’y sont pas allés avec le dos de la cuiller  pour reprendre les allégations de Mme  Bouchaib, sans même prendre la peine  de vérifier la véracité de ses propos pour  le moins graves.  Du coup, toute une famille se retrouve  sinon pour la vie, du moins pour quelque  temps, jetée en pâture à la foule. Bien  facile est-il sans doute de détruire des  vies. Mais pour les reconstruire, il y va  d’une autre paire de manche. Calomniez!  Calomniez! Il en restera toujours quelque  chose.

Parler d’une crise du journalisme  revient à ressasser un refrain lassant:  ce n’est pas nouveau, pour d’aucuns, la  déontologie n’a jamais été une priorité.  Les temps qui courent ont cependant  ceci de particulier qu’ils connaissent une  compétition acharnée comme jamais. Le  paradigme nouveau est la grande vitesse;  c’est à celui qui diffusera “l’information”  en premier, quitte à en éluder la vérification.  Dommage pour lui, M. Cheikh, en  est l’ultime victime. Demain, qui sait?, les  chevaliers du scandale pourraient bien  eux-mêmes y passer.

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