Affaire Bouraoui: La mère de l’activiste arrêtée, "inadmissible" pour sa famille


La junte algérienne ne semble toujours pas avaler la pilule de l’exfiltration d’Amira Bouraoui vers la France. Dans la soirée du samedi 11 février 2023, la mère de l’activiste algéro-française a été arrêtée au domicile de la famille dans le quartier de Oued Romane à Alger par la gendarmerie nationale algérienne. Elle a, le lendemain, été transférée à Annaba pour y être vraisemblablement jugée, étant, selon différentes sources, accusée d’avoir aidé sa fille à passer illégalement en Tunisie, d’où elle a pu se rendre dans la nuit du 6 au 7 février 2023 en France avec l’aide des services de renseignements français.

Aussitôt répercutée par le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une ONG algérienne qui comme l’indique son nom milite en faveur de la libération des détenus politiques en Algérie, ainsi que le journal électronique Radio M, l’interpellation de la mère de Mme Bouraoui, qui répond au nom de Khadidja, n’a bien évidemment pas manqué de soulever un véritable tollé dans la voisine de l’Est, notamment du fait que la concernée a dépassé les 70 ans et qu’elle souffre de problèmes cardiaques qui avaient nécessité qu’elle soit opérée en 2016. Sur sa page Facebook, la soeur de Mme Bouraoui, Wafa Bouraoui, initialement également arrêtée avant d’être relâchée, a dénoncé un coup de “pression” qu’elle a qualifiée, au vu de l’état de santé fragile de sa mère, d’“inadmissible”. “Je comprends mieux pourquoi ma sœur a préféré partir,” a-t-elle poursuivi. Pour sa part, l’Algérie reste toujours sans ambassadeur à Paris, puisque rappelé pour consultations le 8 février 2023 par le président Abdeljmadjd Tebboune, Saïd Moussi n’a toujours pas regagné son poste.

Ayant dénoncé, par voie de communiqué, “une opération clandestine et illégale”, le pouvoir algérien semble aussi vouloir utiliser l’affaire pour faire pression sur le président français Emmanuel Macron et prendre définitivement le parti d’Alger dans son opposition face au Maroc. Une chronique publiée le 11 février 2023 dans le quotidien algérien l’Expression, que beaucoup d’observateurs prêtent à l’ancien soi-disant “envoyé spécial chargé du Sahara occidental et des pays du Maghreb”, Amar Belani, appelle notamment le locataire de l’Elysée “à faire un geste en direction de ceux qu'il a trahis”. “Ce ne serait pas trop difficile pour lui. Il en a l'habitude. Il ne trahit que pour mieux se réconcilier. Comme il l'a fait il y a quelque temps après avoir remis en cause l'Algérie et son histoire,” souligne le texte.

Articles similaires