Affaire Adnane Bouchouf: Les premiers détails d’un meurtre sordide

L’affaire d’Adnane Bouchouf, enfant de 11 ans tué à Tanger après avoir été agressé sexuellement, continue de secouer l’opinion publique, dont une partie demande l’application de la peine de mort à l’encontre de son meurtrier.

On en saura un peu plus sans doute, dans les prochains jours, sur le meurtre d’Adnane Bouchouf, à mesure que son meurtrier présumé passera aux aveux. Ce dernier, arrêté le 11 septembre, est encore aux mains de la police, et celle-ci a déjà pu, le jour même, retrouver le corps de l’enfant de 11 ans, que l’on croyait encore en vie.

Le nom du meurtrier présumé n’a pas été donné, mais on sait déjà qu’il vivait dans le même quartier qu’Adnane Bouchouf, celui de Bni Makada à Tanger, et qu’il la connaissait même : c’était, selon les premiers éléments de l’enquête, un habitué du restaurant dont est propriétaire la famille Bouchouf et que celle-ci possède juste en bas de son domicile, et c’est là que le meurtrier présumé aurait noué le lien avec Adnane Bouchouf et gagné sa confiance.

Dans des vidéos de surveillance largement relayées sur les médias sociaux, on voit ainsi Adnane Bouchouf, vêtu d’un tee-shirt rose et d’un short gris, suivre visiblement de son plein gré le meurtrier présumé, qui lui portait une djellaba beige. Ils se rendaient, alors, au domicile du meurtrier présumé, où Adnane Bouchouf sera d’abord, selon la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), agressé sexuellement, puis tué.

Adnane Bouchouf s’était, quelques minutes plus tôt, trouvé dans la rue pour aller acheter des médicaments, après que ses parents l’eurent envoyés à la pharmacie du quartier; mais ces derniers le voyant tarder plusieurs heures, chose inhabituelle pour lui, lancèrent l’alerte auprès de la police. Ce qu’ils ne savaient cependant pas, c’est qu’Adnane Bouchouf avait déjà rendu son dernier souffle et que son corps avait été enterré dans un bosquet situé non loin.

Le meurtrier présumé, affolé par sa photo qui commençait à circuler sur les médias sociaux, envoya alors aux parents d’Adnane Bouchouf un SMS demandant une rançon, visant visiblement à faire croire que l’enfant était encore en vie et ainsi faire trébucher l’enquête.

Mais il le fit depuis son propre téléphone, ce qui, avec l’aide des opérateurs téléphoniques, permit finalement de mettre la main sur lui mais aussi sur ses trois colocataires pour non-dénonciation d’un crime aux autorités. Ces derniers, ouvriers au même titre que le meurtrier présumé -les quatre venaient, quelques semaines plus tôt, de s’installer ensemble dans le quartier-, auraient dû, selon les autorités, se montrer plus attentifs, surtout eu égard au comportement du meurtrier présumé qui avait changé et du fait que le concerné avait changé de look en se rasant la barbe.

Sur les médias sociaux, beaucoup demandent, à l’encontre du meurtrier présumé, l’application de la peine de mort; mais celle-ci, bien que maintes fois prononcée par la justice au cours des dernières années, n’a plus été appliquée depuis le 9 août 1993 et l’exécution du commissaire Mustapha Tabet.


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