L'administration pénitentiaire s'attaque à la surpopulation carcérale

Un rapport, diffusé récemment par la délégation générale des prisons, fait état de 171.217 mètres carrés, à raison de 1,93 mètre carré pour chaque détenu. Et ce dans la perspective de programmer la construction de nouvelles prisons pour accompagner le nombre élevé de détenus et faire face à la surpopulation carcérale

Au problème de la surpopulation carcérale qui gangrène depuis des années les prisons marocaines, l’administration pénitentiaire répond dans un rapport rendu public fin avril 2022 qu’elle s’y attelle sérieusement. Et ce par l’augmentation de la capacité d’accueil des prisons, tout en assurant des infrastructures aux normes requises, notamment en termes d’espace, d’aération et d’éclairage. C’est ainsi que deux nouveaux établissements pénitentiaires ont été inaugurés en 2021 à Dakhla et Assilah avec une capacité totale de 1.580 lits.

S’attardant sur la capacité d’accueil des prisons jusqu’à fin décembre 2021, le rapport fait état de 171.217 mètres carrés, à raison de 1,93 mètre carré pour chaque détenu, et ce dans la perspective de programmer la construction de nouvelles prisons pour accompagner le nombre élevé de détenus et faire face à la surpopulation carcérale, dans la foulée du chantier de réforme de la justice visant à rationaliser la détention provisoire et à adopter des peines alternatives.

Quant à l’amélioration de l’alimentation en milieu carcéral, l’administration pénitentiaire, dirigée par Mohamed Salah Tamek, indique qu’il a été décidé au cours de l’année 2021 d’équiper les cuisines de plusieurs établissements pénitentiaires, notamment de Dakhla, Assilah, Taza et Benguerir, le Centre de réforme et de rééducation de Aïn Sebaâ, ainsi que la prison centrale de Kénitra, à même d’humaniser les conditions de détention au sein de ces établissements en termes d’hygiène individuelle et collective (coiffure, lavage des vêtements et couvertures...).

Préparation à la réinsertion
Par ailleurs, 289 fonctionnaires ont bénéficié des sessions de formation en matière des droits de l’Homme et de la prévention de la torture en 2021, qui reste en-deçà de ce qui a été enregistré habituellement dans les années pré-Covid-19, à cause des mesures sanitaires et de précaution prises pour protéger les personnes contre l’infection. De même, quelque 412 responsables des établissements pénitentiaires et 1.212 stagiaires, toute catégorie confondue, ont bénéficié des sessions de formation de base pour développer leur compétences et connaissances en matière de gestion du milieu carcéral.

La direction des prisons affirme mettre en avant son master spécialisé «Établissement pénitentiaire: prévention et réinsertion», actuellement à sa 4ème promotion. Aussi, le rapport précise que la délégation générale a achevé les travaux d’élargissement et d’aménagement du Centre national de formation des cadres de Tiflet, qui ont permis la création d’espaces d’accueil et d’hébergement, ainsi que d’espaces de stages pratiques sur le terrain.

Au terme de son rapport, la délégation générale des prisons a lancé un nouveau plan stratégique (2022-2026), qui repose sur six axes principaux à savoir le soutien aux programmes de préparation à la réinsertion, le renforcement de la sûreté et de la sécurité dans les prisons, l’humanisation des conditions de détention, l’appui à l’action sanitaire dans les prisons, la valorisation des ressources humaines et renforcement de la gouvernance et la communication, coopération et partenariats.

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