Acte bienveillant ou manoeuvre politicienne

Liquidation de la caisse des retraites des parlementaires

Si pour certains la liquidation de la caisse des retraites des parlementaires est un acte sérieux vers l’annulation définitive de cette retraite, pour d’autres, il s’agit d’une manoeuvre politicienne de la part du président de la Chambre des représentants pour calmer les esprits.

Le sujet a fait polémique ces derniers jours. Après la sortie controversée du député-maire de Fès, Driss El Azami Idrissi, où il emploie le terme dialectal «biliki» (gratuit) pour défendre ses avantages financiers en tant que parlementaire, le président de la Chambre des représentants, Habib El Malki, semble jouer les pompiers. Celui-ci annonce, à travers un communiqué rendu public le jeudi 15 octobre 2020, qu’un accord a été conclu pour la liquidation définitive du régime de retraite des parlementaires.

Si l’accord a pu être trouvé officiellement suite à une réunion entre le président de la Chambre des représentants, les présidents des groupes parlementaires, en présence de responsables de la Caisse de dépôt et de gestion, beaucoup pensent en revanche qu’il s’agit là d’une manoeuvre politicienne du patron des députés pour calmer les esprits et trouver ainsi une issue à la crise qui couve au sein du Parlement.

Bien qu’à la Chambre des représentants, on se félicite de cette décision, il n’en demeure pas moins que le sujet de l’annulation de la retraite des parlementaires n’est pas encore définitivement tranché. Il est vrai que la liquidation de la caisse ayant servi cette retraite de 1993 à aujourd’hui a été prononcé, mais son annulation nécessite néanmoins un texte juridique qui sera élaboré par les parlementaires eux-mêmes avant son vote par ces derniers. Tout le problème est là.

Consternation et indignation
Tant que ce texte juridique n’est pas voté, cette retraite demeurera toujours dans les textes actuels. Après la liquidation de cette caisse, qui est actuellement gérée par la CDG, rien n’empêchera les députés d’en créer une autre. Mais des commentateurs avancent que cet acte de liquidation pourrait être interprété comme un acte sérieux vers l’annulation définitive de cette retraite qui a longtemps consterné les Marocains, surtout pendant cette crise du Covid-19, qui a sérieusement diminué leur pouvoir d’achat.

Or, plusieurs députés notamment du PJD, s’opposent farouchement à la suppression de cette retraite. Le dernier d’entre eux à s’illustrer sur ce registre n’est autre que le député-maire de Fès, Driss El Azami. Tourné en dérision par les internautes sur les réseaux sociaux pour son propos impardonnable, le responsable du PJD a suscité une vague d’indignations chez les Marocains, qui reprochent au parti au pouvoir de vouloir conserver les avantages de ses cadres alors que le pays traverse l’une des pires crises économiques et financières de son histoire.


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