Pas d'accords commerciaux qui n'incluent pas le Sahara marocain

Finie l'ère des positions floues

Sa Majesté le roi Mohammed VI a tranché: pas d’accords économiques qui n’incluent pas le Sahara marocain. Un message fort qui mettra un terme à la duplicité de certaines parties à l’étranger, qui ont longtemps adopté le double jeu comme posture avec le Royaume.

Décidément, le discours du roi Mohammed VI à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche verte aura a été celui de la fermeté et des lignes rouges par excellence. Outre l’affirmation que le Royaume ne négocie pas la marocanité de son Sahara, le Souverain a envoyé un message fort concernant l’aspect économique de ce différend régional qui dure depuis près d’un demi-siècle.

“À ceux qui affichent des positions floues ou ambivalentes, nous déclarons que le Maroc n’engagera avec eux aucune démarche d’ordre économique ou commercial qui exclurait le Sahara marocain”, martelait le roi Mohammed VI dans son discours.

Pas question donc que des pays étrangers puissent profiter des opportunités offertes par le Maroc dans son Sahara sans reconnaître clairement la marocanité de ce territoire que le Royaume développe à coup d’investissements colossaux.

De rudes batailles diplomatiques
Si des considérations politiques et diplomatiques ont probablement voulu que le Roi ne désigne pas ces pays aux positions tièdes par leurs noms, il n’en demeure pas moins qu’il est possible de spéculer sur les concernés. En effet, de l’autre côté de la Méditerranée, où le Maroc a longtemps mené de rudes batailles diplomatiques pour étendre ses accords économiques avec l’Union européenne au Sahara, le flou est toujours de mise.

Le dernier fait en date remonte au 29 septembre 2021, lorsque le tribunal de l’Union européenne a annulé les décisions du Conseil de l’UE relatives, d’une part, à l’accord entre l’UE et le Maroc modifiant les préférences tarifaires accordées par l’UE aux produits d’origine marocaine ainsi que, d’autre part, à leur accord de partenariat dans le domaine de la pêche durable. Ce jugement a été prononcé suite aux recours introduits par les milices séparatistes du Polisario contre les accords de pêche et agricole qui couvrent les provinces du Sud marocain.

Le jugement en question met à l’épreuve le sérieux et la crédibilité du discours de l’UE sur la coopération avec le Maroc, qu’elle ne cesse de qualifier de stratégique, alors qu’elle n’hésite pas à faire usage de ses juridictions pour exercer des pressions sur le Royaume, et servir ses propres intérêts loin de la logique gagnant-gagnant qui devrait primer dans les relations entre les deux parties.

Une mise au point tant attendue
D’autant plus que ledit arrêt précisait que “ces accords resteront en vigueur pendant deux mois afin de préserver l’action extérieure de l’Union et la sécurité juridique de ses engagements internationaux”. Ainsi l’UE met le Maroc devant le fait établi, tout en assurant sa position sur le plan juridique.

Le jour même de la publication de l’arrêt, à Bruxelles, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue européen, Josep Borell, affirmaient tout de même que l’Union européenne et le Maroc se sont engagés à poursuivre leur partenariat commercial, et que “les mesures nécessaires seront prise afin d’assurer le cadre juridique qui garantisse la poursuite et la stabilité des relations commerciales” entre les deux parties. La réaction du Royaume, exprimée via le chef de la diplomatie, a été perçue par beaucoup comme un signe de faiblesse, une soumission implicite aux décisions de l’UE sans montrer le moindre signe de contestation qui puisse stopper le bloc européen dans ces comportements paternalistes.

C’est dans ce sens que le discours royal du 6 novembre 2021 constitue une mise au point tant attendue, et une réponse claire et ferme du Maroc visant à mettre un terme, une fois pour toutes, au double jeu de l’UE, et particulièrement de certains pays membres, qui ne cessent de harceler le Royaume sur fond de la question du Sahara. Ceux qui voudront traiter dans le respect des intérêts du Royaume et de son intégrité territoriale sont les bienvenus, d’autant que les opportunités et les partenaires intéressés, y compris des puissances économiques régionales et mondiales, ne manquent pas.


Arrivée d’une délégation des hommes d’affaires polonais à Laayoune, le 14 septembre 2021.

Un pôle économique émergent
Les États-Unis, qui ont reconnu, le 10 décembre 2020, par décret présidentiel, la souveraineté du Maroc sur son Sahara, sont déjà très présents économiquement dans ces provinces, notamment à travers des projets d’énergies renouvelables.

L’accord Maroc-USA-Israël scellant cette reconnaissance, a été d’ailleurs porteur d’investissements massifs, pas moins de trois milliards de dollars, y compris dans le Sahara, désormais marocain dans le langage officiel américain. Et pas loin de cet accord tripartite, le 27 octobre 2021, l’entreprise Ratio Gibraltar, filiale de la compagnie israélienne Ratio Petroleum Partnership, a obtenu les droits exclusifs de recherche et d’exploration de gisements de gaz ou de pétrole au large de la ville de Dakhla suite à un accord avec l’Office national des hydrocarbures (ONHYM). La deuxième plus grande ville du Sahara marocain, et toute sa région, présidée par Ynja Khattat, se transforme petit à petit en hub d’affaires au sud du Maroc.

De quoi attirer même les investisseurs polonais. “Un pôle économique géant est en train d’émerger dans le Sud du Maroc qui aura des retombées bénéfiques pour les millions de personnes vivant dans le continent africain”, déclarait le chef d’une délégation polonaise composée de huit entreprises opérant notamment dans les secteurs des énergies et de l’aéronautique, venue rendre visite à Dakhla en septembre 2021.

C’est donc un fait: le Maroc continue imperturbablement de développer son Sahara et ce ne sont pas les partenaires économiques qui manquent. Les puissances européennes traditionnelles devront adapter leurs attitude envers le Maroc à cette donnée. À défaut, elles seront peut-être larguées par d’autres joueurs dans l’avenir.