Académie du Royaume du Maroc : L'Andalousie, en "chaire" et en os

L'Andalousie ne cesse de fasciner par la richesse de son histoire, carrefour des civilisation et place forte de la production intellectuelle. L’Académie du Royaume a décidé de lui consacrer une chaire afin de garder intacte cette mémoire millénaire.


Enfin, la chaire Al-Andalous s’invite. Consciente de l’importance que revêt l’Andalousie dans le patrimoine national, l’Académie du Royaume du Maroc a officiellement lancé, le 1er décembre 2023, une chaire dédiée, et ce en marge d’un colloque international qu’elle organisait sous le thème de “la coexistence en Andalousie”. Prenaient part à l’événement de grands spécialistes et professeurs universitaires, qui en ont profité pour examiner les projets de la chaire dans la perspective de partenariats avec des institutions espagnoles de haut niveau. “ L’idée est de continuer à faire vivre la mémoire d’Al-Andalous, qui est d’une extrême richesse pour le Maroc, depuis plusieurs siècles. Les premiers conquérants d’Al-Andalous sont Marocains et le patrimoine arabo musulman est fortement présent dans la région”, déclare à Maroc Hebdo Hossain Bouzineb, qui fait partie du comité consultatif pour la chaire Al-Andalous.

Ce linguiste et chargé de mission au cabinet royal, qui fut, en février 2019, le premier Marocain et Arabe à intégrer l’Académie royale espagnole, comptera également à ses côtés dix-sept autres personnalités reconnues, telles que Abdelouahed Akmir, professeur à l’université Mohammed-V de Rabat, Rachid El Hour Amro, professeur d’études arabes et islamiques à l’Université de Salamanque en Espagne, Lorena García De Izarra, directeur général de la Fondation Trois cultures de la Méditerranée ou encore Béatrice Perez, doyenne de la faculté des lettres de l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV).

La richesse et le raffinement de la civilisation arabo-andalouse continuent toujours de fasciner autant les chercheurs que les touristes qui se rendent en Andalousie. Cette période glorieuse n’est pas qu’une histoire de conquêtes et de guerre entre les dynasties qui se sont succédé dans la région. Elle renvoie également à l’image d’une terre de coexistence pacifique entre différentes cultures ainsi que la tolérance qui a prévalu entre les religions monothéistes dans la civilisation andalouse.

Vérité historique
Toujours est-il que les sept à neuf siècles de présence musulmane dans la péninsule Ibérique ont donné lieu à une multitude d’interprétations et fait souvent l’objet de révisionnisme et de nombreuses réécritures de l’histoire. “La chaire sera une magnifique plateforme de recherche sur Al Andalous, laquelle a également représenté, d’une certaine manière, un âge d’or musulman, avec une production intellectuelle, scientifique et littéraire particulièrement foisonnante, qui a servi de support à la renaissance européenne. La chaire Al Andalous permettra aussi rétablir une vérité historique”, espère Hossein Bouzineb.

Parmi les activités que la chaire Al Andalous entend mener, il y a lieu de citer, notamment des rencontres entre des universitaires et experts espagnoles et marocains, des conférences annuelles liées à l’Andalousie, des séries scientifiques en relation avec le patrimoine et les arts, une réflexion autour de l’introduction de l’histoire de l’Andalousie dans les manuels scolaires et une coopération avec les institutions internationales ainsi que la publication d’études de la civilisation andalouse. Tout un joli programme au service d’un pan important de l’histoire du monde musulman, particulièrement celle du Maroc.

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