L'académie Lahcen Lyoussi organise un débat sur la situation économique et sociale du pays

Comment sortir de la crise?

Le débat a pris fin par la lecture d’une série de recommandations, dont la nécessité d’une loi de finances rectificative et le plafonnement des prix des carburants.

C’est un débat fort intéressant auquel des centaines de personnes ont été conviées, samedi 23 avril 2022 dans la ville de Salé. Il porte sur le thème du «citoyen marocain face à la crise économique et sociale. Quelle stratégie de relance?». Organisé après le ftour et jusqu’à minuit passé, le débat a été initié par l’Académie Lahcen Lyoussi en partenariat avec les groupes parlementaires harakis.

Présidé par Driss Senstissi, chef du groupe à la Chambre des représentants, et Mbarek Sbaï chef du groupe à la Chambre des conseillers, le débat a connu la participation des professeurs universitaires Mohamed Oubihi, Jamal Fezza, Khalid Hammes, de l’université Mohammed V de Rabat. La réalisation du rapport synthétique des débats a été confiée à Abdellah Saâf, ancien ministre et spécialiste des questions politiques et sociales.

Dans une intervention brève mais néanmoins porteuse de message clair, Mohand Laenser, secrétaire général du MP, a cadré les thèmes du débat organisé par l’académie Lahcen Lyoussi: «Dans une situation de crise comme celle que nous vivons actuellement, le Maroc a besoin certes d’une opposition forte mais constructive, et il a surtout besoin d’une volonté commune de tous les acteurs politiques pour pouvoir dépasser ou au moins gérer la crise avec le moins de dégâts possibles. Notre rencontre ce soir devra déboucher sur des propositions réalistes et réalisables pour aller de l’avant.»

Vision stratégique
Quant à M. Sentissi, il a relevé que la crise que vit le pays n’est pas le produit de la politique ou des mesures du gouvernement actuel. C’est le résultat d’abord de la crise sanitaire due à la pandémie du Covid et ses répercussions sur l’économie mondiale couplée à la guerre en Ukraine et ses effets néfastes sur l’économie nationale. «Notre objectif à travers ce débat est d’élaborer des solutions adaptées aux problèmes que vit le citoyen marocain quotidiennement avec pour finalité le soutien du pouvoir d’achat des Marocains», a-t-il dit. Même son de cloche de la part de M. Sbaï, qui a insisté sur le fait que l’objectif de la rencontre n’est pas tant de dresser un constat, mais de contribuer concrètement à la solution des problèmes.

Plusieurs idées ont été formulées à l’issue des travaux de cette conférence, dont notamment l’urgence de l’adoption d’une loi de finances rectificative, la subvention des produits de première nécessité dont les prix connaissent une augmentation substantielle liée à la conjoncture actuelle, sans oublier le plafonnement des prix des carburants… Il a été aussi question de la création d’un centre de gestion des crises sociales et économiques.

Une proposition qui ne peut qu’avoir l’adhésion de M. Saâf. Ce dernier a insisté dans son intervention sur la nécessité pour le gouvernement d’avoir une vision stratégique s’étalant sur une durée dépassant le cap des cinq ans du mandat gouvernemental. La rencontre, qui n’a pas manqué de rendre hommage à Lahcen Lyoussi et au staff de l’académie portant son nom, pour l’organisation de débats d’une belle facture, a pris fin avec la promesse d’une prochaine conférence sur un autre thème d’actualité.

N.J

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