Absence des étudiants subsahariens à cause de la COVID-19

Un important manque à gagner pour les établissements privés

La pandémie de Covid-19 a considérablement réduit les inscriptions des étudiants subsahariens dans les établissements d’enseignement supérieur du Maroc. Un important manque à gagner pour les écoles et universités privées dont le tiers des effectifs provient de ces pays.

Mauvaise passe pour les écoles et universités privées du Maroc. L’année dernière, à pareille époque, beaucoup d’entre elles s’affairaient aux préparatifs de la nouvelle rentrée académique et renflouaient leur trésorerie. En 2021, tout semble presque néant. La crise sanitaire est passée par là. La vague d’étudiants originaires d’Afrique subsaharienne, qui constituaient une importante rentrée de devises, ont suspendu leurs inscriptions à cause des mesures restrictives imposées par le gouvernement marocain.

Répit pour la mobilité estudiantine
Un coup d’oeil sur les statistiques permet d’avoir une visibilité sur l’impact de l’absence de ces apprenants dans les campus. Leur nombre a plus que doublé en passant de 3.289 en 2010 à 7.941 en 2019, soit 40% du total des effectifs des étudiants étrangers au Maroc. Certains établissements disposaient de centres de recrutement, notamment au Sénégal, en Côte d’Ivoire et en République- Démocratique du Congo (RDC) pour séduire davantage leurs futurs pensionnaires.

Sachant que les frais d’inscription dans ces établissements varient entre 1.000 et 5.000 dirhams selon la notoriété et ceux liées à la scolarité peuvent osciller entre 30.000 et 70.000 dirhams par an, le calcul est vite fait.

Pour limiter les pertes, plusieurs instituts ont lancé des programmes d’enseignement à distance dédiés à cette catégorie. «Au-delà des constats, cette crise constitue une véritable opportunité pour repenser les modèles pédagogiques dans l’enseignement supérieur, et d’imaginer les modèles de demain», souligne Mourad el Mahjoubi, directeur général d’Emlyon business school Africa.

En dehors de ces sphères privées, l’écrasante majorité des étudiants subsahariens se dirigeaient vers les établissements publics, grâce aux centaines de bourses offertes chaque année par l’Agence marocaine de Coopération internationale (AMCI), en vertu des conventions bilatérales signées avec leurs pays respectifs. L’AMCI avait d’ailleurs annoncé en juillet 2017 une augmentation du nombre de boursiers afin «d’accompagner les dynamiques lancées par le roi Mohammed VI en Afrique».

Plus de 16.000, soit plus 85% des étudiants étrangers, étaient inscrits dans les universités et écoles publiques marocaines en 2020, contre 4.477 en 2004, selon l’AMCI. Une hausse exponentielle qui a permis au Maroc d’être la deuxième destination d’étudiants étrangers sur le continent après l’Afrique du Sud.

Comme pour leurs homologues du privé, ces établissements seront sevrés d’étudiants. «Cette année, seules quelques bourses ont été octroyées aux étudiants subsahariens pour suivre des cours à distance dans certains établissements publics », nous confie Lamine Ndiaye, ancien secrétaire national exécutif de la Confédération des étudiants et stagiaires africains étrangers au Maroc (CESAM).


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