Absence de dépistage dans les aéroports: une porte d'entrée du Coronavirus au Maroc

Il faut extirper le mal depuis sa racine. La faille, la grande faille, réside dans nos aéroports. Ceux qui rentraient au Maroc après un voyage à l’étranger n’étaient pas soumis à un dépistage.

Et pourquoi on n’a jamais vraiment pointé du doigt la grande faille qui a constitué une porte d’entrée du coronavirus au Maroc ? L’erreur monumentale qu’a commise le ministère de la Santé et les autorités aéroportuaires, c’est de ne pas contrôler les voyageurs à leur arrivée aux différents aéroports nationaux au moment où la présence du virus a été confirmée dans des pays comme l’Egypte, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Canada… bien avant la décision de suspension des vols en direction et en provenance de ces pays. Car le gros, pour ne pas dire la quasi-totalité, des voyageurs infectés sont entrés par les grands aéroports du royaume, comme celui de Casablanca, Rabat et Marrakech.

Et ce n’est qu’après coup que le département de Khalid Aït Taleb réalise ses erreurs et communique sur le profil de ceux qui représentent les foyers de la propagation de l’épidémie dans le royaume. Lors du point de presse quotidien de 18h, tenu par le ministère de la Santé sur l’état d’avancement de la pandémie Covid- 19, le directeur de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies au ministère de Santé, Dr Mohamed Youbi, a dévoilé lundi 30 mars 2020, que le Maroc est passé au stade 2 de l’épidémie, du fait de l’apparition de foyers locaux de contamination.

Le responsable a souligné qu’à ce stadelà, les foyers apparus, sont notamment liés à des voyages touristiques organisés depuis Meknès à destination d’un pays arabe (Egypte), et une grande fête organisée par des juifs à Casablanca.

Comment le gouvernement n’a pas suspendu les voyages touristiques à un moment où les premiers cas de contamination étaient déclarés et où la propagation du virus avait fait des ravages dans certains pays avec lesquels les opérateurs touristiques entretiennent une activité touristique dense et mouvementée. D’après le Dr Youbi toujours, pour éviter la propagation du virus, et dans le cadre du plan national de lutte contre l’épidémie au Royaume, un dépistage a été réalisé sur tous ceux qui sont entrés en contact avec les personnes qui ont participé au voyage, mais aussi ceux ayant participé à la fête religieuse juive de la métropole ayant rassemblé plus d’une cinquantaine de personnes.

Ce dépistage a dévoilé 47 contaminations avérées en relation avec le voyage et 45 pour ce qui est de la fête de Casablanca. La crainte est la probabilité de contamination par d’autres personnes ayant fréquenté les gens infectés. Et là, une incompréhension assaille nos esprits de manière machinale : L’Etat a formellement interdit les prières dans les mosquées. Même si cela n’a pas été communiqué nommément, cette interdiction est censée couvrir également les synagogues et églises. Comment les autorités ont-ils toléré ou fermé les yeux sur l’organisation d’une fête religieuse à Casablanca ? Les consignes de confinement décrétés dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire doivent être appliquées à tous les lieux de culte et de recueillement et à tous les rassemblements, sans exception aucune.

Mais extirpons le mal depuis sa racine. La faille, la grande faille, réside dans nos aéroports. Ceux qui rentraient au Maroc n’étaient pas soumis à un dépistage. Combien d’entre nous avons voyagé en France, en Italie ou en Egypte et retourné au pays pendant que le coronavirus se propageait visiblement dans ces pays et sournoisement dans le nôtre ? C’est une remise en question capitale. Mais pas seulement. C’est une invitation à en délimiter les responsabilités, à la pointe du premier jour du post-corona. Car la gouvernance d’un pays est d’abord anticipative et préventive. Que dire alors quand la faille dure et dure, au moment même où l’on croit que le gouvernement a pris toutes les dispositions pour nous protéger.


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