Entretien avec Abderrazzak Drissi, secrétaire général national de la fédération nationale de l’enseignement.

"Le gouvernement doit prendre le dossier des contractuels au sérieux"

Les enseignants contractuels refont parler d’eux. Alors que le dialogue social avait repris un mois après l’installation de Chakib Benmoussa au ministère de l’Éducation nationale, les choses ne semblent pas s’améliorer. Éclairages avec Abderrazzak Drissi, secrétaire général national de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE).

Les enseignants contractuels observent une grève d’une semaine à partir du 28 février 2022. Le dialogue social entamé avec le ministre de l’Éducation nationale, Chakib Benmoussa est tombé à l’eau?
Permettez-moi d’abord de préciser que la résolution de tous les problèmes et les revendications demandent des efforts, des décisions exceptionnelles et surtout une volonté politique et administrative, donnant la priorité au droit à un enseignement public et gratuit pour tous les Marocains, du préscolaire à l’enseignement supérieur. Après l’installation du ministre Chakib Benmoussa, nous avons effectivement eu plusieurs réunions, entamant un dialogue social que nous avons salué.

L’une de ces réunions avait pour objet les revendications des contractuels et le ministre a manifesté son souhait de trouver une issue rapide à ce dossier qui a beaucoup trop duré. Il a promis l’intégration des enseignants concernés dans le statut unifié des fonctionnaires du ministère de l’Éducation nationale. Mais, jusqu’à maintenant, soit près d’un mois après notre dernière réunion, il n’y a pas eu de nouveau sur ce dossier. Nous avons multiplié nos relances pour une réunion urgente, mais le ministre ne nous a pas encore répondu.

Lors de la dernière campagne électorale de 2021, les partis de la majorité ont promis d’intégrer les contractuels dans la fonction publique. Est-ce qu’ils auraient changé d’avis?
Malheureusement, à part la promesse du ministère de l’Éducation nationale et son accord pour l’intégration des enseignants contraints de signer des contrats, jusqu’à maintenant, il n’y a rien eu de concret. D’ailleurs, lors de la dernière réunion du 18 janvier 2022, nous avons demandé au Chef du gouvernement et au ministre de tutelle de prendre une décision exceptionnelle mettant fin à ces contrats ainsi qu’une intégration en bonne et due forme (techniquement, juridiquement et financièrement), surtout qu’au point de vue financier, l’État ne supportera aucune charge supplémentaire puisqu’il s’agit de la même masse budgétaire salariale.

Quelle sera votre prochaine action revendicative?
Le gouvernement doit prendre les choses au sérieux et résoudre urgemment ce dossier. Il faut commencer le plus tôt possible et j’insiste, de manière sérieuse, sans perte de temps, les réunions du comité du statut d’enseignant, d’une part, et, d’autre part, du comité des dossiers non résolus. Il faut reprendre le dialogue social, résoudre les problèmes et développer le système éducatif de notre pays pour qu’il joue pleinement son rôle dans le progrès.

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