Abderrahim Atmoun, chef de la representation diplomatique du Maroc en Pologne : Un ambassadeur sur le front

Ambassadeur du Royaume en Pologne, Abderrahim Atmoun s’est illustré, ces derniers jours, en volant au secours des Marocains qui rejoignent ce pays en provenance de l’Ukraine en pleine guerre.

Dans les témoignages des centaines de Marocains d’Ukraine qui ont pu fuir la guerre et rejoindre la Pologne, un nom revient sur toutes les lèvres: celui de Abderrahim Atmoun, ambassadeur du Maroc à Varsovie, capitale polonaise. Et pour cause, depuis le déclenchement de cette crise sans précédent, il est tout le temps au poste frontière Pologne-Ukraine, sinon, il est à l’aéroport de la capitale pour faciliter les démarches de voyage des Marocains à destination de Casablanca, Tanger, Nador et autres villes du Royaume.

Dans des vidéos postées par certains étudiants ou par leurs parents, on les voit remercier M. Atmoun pour son engagement, sa présence à leurs côtés et sa disponibilité à répondre aux sollicitations des uns, aux doléances des autres et à réconforter les petits et les malades… «C’est une fierté pour nous Marocains d’avoir un ambassadeur comme M. Atmoun,» dira l’un d’eux.

Il faut dire que ce natif de Khouribga en 1956, installé à Paris depuis 1976, où après des études supérieures et une formation à l’Institut des statistiques, il a rejoint le monde des affaires non sans réussite, a le sens du contact et surtout celui du devoir accompli dès qu’il s’agit de défendre les intérêts du pays. Et de voler au secours de ses concitoyens. Toujours avec le sourire et les marques de la gentillesse.

Ayant goûté aux problèmes de l’émigration, il avait choisi dès le début des années 80 de faire de la politique. A la fois pour faire valoir ses idées d’homme d’affaires libéral, mais aussi et surtout pour être à l’écoute des MRE. Il a rejoint en 1984 l’Union constitutionnelle, le parti qu’avait fondé une année plus tôt feu Maati Bouabid, ancien Premier ministre. Il a été approché par ce dernier pour s’occuper des relations extérieures de l’UC. Mission qu’il a bien remplie.

“Un enfant du peuple”
Il sera élu à la deuxième chambre du parlement en 1993. Dix ans plus tard, en 2003, il est élu président de la région Chaouia-Ouardigha. Ses mandats au parlement ont été sans interruption jusqu’à sa nomination en juin 2019 au poste d’ambassadeur du Royaume en Pologne. Vivant à cheval entre le Maroc et la France, M. Atmoun n’était pas, au moment de sa nomination, un novice en diplomatie. Il avait présidé la Commission parlementaire mixte Maroc-Union européenne de 2011 à 2019 et président du Groupe d’amitié de la Chambre des conseillers du Maroc et du Sénat français entre 2009 et 2015.

Antonio Panzeri, ancien eurodéputé italien, nous a déclaré, il y a quelques années, que «si tous les parlementaires étaient aussi mobilisés que M. Atmoun, la diplomatie marocaine n’aurait aucun souci à se faire au niveau du parlement européen…» Et ce n’est pas Christian Cambon sénateur français et actuel président de la commission des Affaires étrangères et de la défense au Sénat, qui dira le contraire. Un témoignage posté le 16 février 2022, quelques jours avant le déclenchement de la guerre en Ukraine, le docteur Moubarak Dribi, très suivi sur les réseaux sociaux, avait parlé des victoires réalisées par la diplomatie marocaine. Il a notamment cité le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita et a rendu hommage à M. Atmoun. «C’est un grand monsieur, cultivé, modeste, enfant du peuple, qui réalise un travail formidable », dira-t-il.

Un homme de parole
En froid avec certains dirigeants de l’UC, il a pris ses distances avec ce parti qu’il considère comme le meilleur défenseur du libéralisme à visage humain. Il rejoint, en 2008, le PAM, où il est élu membre du bureau politique chargé des relations internationales. Homme de réseau et lobbyiste confirmé, M. Atmoun avait l’accès aux eurodéputés de toutes les formations politiques. Il compte des centaines d’amis au sein de la droite européenne, notamment.

Dynamique et connaisseur des arts de la communication, M. Atmoun ne passe pas inaperçu. Il sait mettre en valeur son action pour le bien du pays. Nicolas Sarkozy, ancien président français, l’a fait chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur française, en marge des célébrations de la fête nationale du 14 juillet 2011. Une première pour un homme politique marocain. Il sera décoré du Wissam Al Moukafaa Al Watania de grade d’Officier lors de la Fête du Trône le 30 juillet 2014. Depuis qu’il a posé ses valises en Pologne, début 2020, il n’a pas arrêté d’étonner le monde de la diplomatie par son dynamisme. Il a amené au Maroc plusieurs délégations d’hommes d’affaires polonais qui ont lancé des projets aussi bien à Casablanca qu’à Laâyoune et Dakhla. Il n’arrête pas de se réunir le corps diplomatique africain accrédité à Varsovie, dont il est le doyen, pour faire valoir les points de vue du Maroc au sujet de l’intégrité territoriale du Royaume.

Dans sa ville natale et au-delà, M. Atmoun est un homme respecté et serviable. Un homme de parole. C’est tout naturellement que M. Atmoun se retrouve face à cette crise ukrainienne, multipliant les initiatives au profit des Marocains bloqués sur place et facilitant leur retour au pays. Ses amis au sein du PAM, comme ses anciens compagnons de l’UC, le qualifiaient de guerrier. Ils ne croyaient pas si bien dire. Il est bien un ambassadeur sur le front.

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