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Abdelmajid Tebboune au chevet de Brahim Ghali

LE RIDICULE NE TUE PAS

Après avoir fui l’Espagne, Brahim Ghali, chef des milices du Polisario, a été admis dans un hôpital militaire à Alger. Le Président Tebboune lui a rendu visite dans une mise en scène grotesque. Une mascarade dont Madrid a été complice.

Pauvres Algériens! Ils sont condamnés à être dirigés par des grabataires, des invalides ou des débiles mentaux. Le successeur de Abdelaziz Bouteflika, Abdelmajid Tebboune, président algérien contesté depuis son élection le 12 décembre 2019, voix autorisée de l’establishment militaire, s’acharne depuis son investiture sur le Maroc et sur son intégrité territoriale pour détourner l’attention de la contestation populaire en interne qu’il tente désespérément d’étouffer depuis plus de deux ans.

Sur ses onze déclarations officielles, sept l’ont été sur le Maroc. Il a le don de réprimer, avec l’autorisation de ses «supérieurs », le soulèvement d’un peuple opprimé et réduit au silence. Mais personne ne savait qu’il pouvait jouer le premier rôle d’une comédie digne du théâtre de Molière.

La comédie transmise en direct par une chaîne algérienne, mercredi 2 juin 2021, montre un Tebboune confus, gesticulant, au chevet de Brahim Ghali, chef des séparatistes, qui a dû fuir l’Espagne comme un voleur de poules dans la nuit de mardi 1er juin 2021, de peur d’être embarqué dans une affaire judiciaire qui le priverait de sa liberté.

A son retour forcé à Alger, après un séjour de 47 jours à l’hôpital San Pedro, le malade «Mohamed Benbattouche», pardon Brahim Ghali, a été admis à l’hôpital militaire de Aïn Naadja, à Alger. La mise en scène filmée et grossièrement interprétée par les deux symboles du régime algérien, Tebboune et le chef de l’armée, Saïd Changriha, obligés de rendre visite à leur «protégé» humilié, était loufoque.

Des propos indignes
Dans les quelques phrases incompréhensibles qu’il a prononcées à son chevet, le président algérien a encore donné la preuve de son ignorance, de son manque de tact, de culture politique, voire de son inculture tout court, en remerciant Brahim Ghali d’avoir bien voulu répondre aux sollicitations de la justice espagnole. Dépourvu de savoir-être, d’étiquette, après sa prestation télévisée, M. Tebboune a encore confirmé aux Algériens qu’il n’a pas la stature ou la carrure d’un président. Il s’est lancé dans des propos indignes d’un chef d’Etat à l’égard d’un recherché par la justice, président d’une république qui n’existe que dans ses rêves.

M. Tebboune fait alors penser à la fameuse comédie-ballet de Molière Le Bourgeois gentilhomme. M. Tebboune fait de la prose sans le savoir. Dans sa pièce, Molière se moque d'un riche bourgeois qui veut imiter le comportement et le genre de vie des nobles et qui n’y parvient pas. Il est la risée de tous, même de son épouse.

La malédiction des Algériens
Sauf qu’à la différence du Bourgeois gentilhomme, le personnage principal ici est réel et il agit spontanément. Lorsque le général Gaïd Saleh, l’ancien homme fort du pays, chef d’état-major, vice-ministre de la défense, a imposé l’élection de Abdelmajid Tebboune, creusant le fossé entre les manifestants et le régime, il pensait alors à un figurant qui allait occuper son poste et se limiter au silence trompeur alors que les décisions émaneront de la cuisine interne de la junte militaire.

Avant de tirer sa révérence le 23 décembre 2019 dans le même hôpital militaire de Aïn Naadja, à Alger, où se trouve actuellement Brahim Ghali, Gaïd Saleh n’imaginait pas qu’un jour viendrait où son «pantin» se plairait à se ridiculiser et à se faire filmer publiquement.

De par ses sorties improvisées et humiliantes pour son pays, Abdelmajid Tebboune incarne la malédiction des Algériennes et des Algériens qui aspirent au changement et à une vie digne. Il incarne la sottise des généraux séniles de l’armée et du FLN, qui dirigent le pays vers une faillite certaine et étouffent toute voix qui appelle au renouveau.

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