Abdellatif Hammouchi au secours de la France

COOPÉRATION ANTITERRORISTE

Les services de renseignements français doivent une fière chandelle à leurs homologues marocains, qui viennent de leur permettre de déjouer une attaque qui aurait pu ensanglanter une église.

La Direction générale de la Surveillance du territoire (DGSN) vient encore une fois de prouver qu’elle avait des yeux et des oreilles partout. C’est, en effet, grâce à l’institution dirigée par Abdellatif Hammouchi que la France vient de s’éviter une attaque terroriste qui aurait pu ensanglanter une église du pays et qui, selon différentes sources médiatiques, pourrait se trouver dans la ville de Montpellier, dans le département de l’Hérault.

La terroriste présumée, Française d’origine marocaine âgée de 18 ans, a ainsi pu être arrêtée dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 avril 2021 par le RAID, l’unité d’élite de la Police nationale française, à son domicile dans la ville de Béziers, également située dans l’Hérault, deux jours après qu’elle ait été signalée aux Directions générales de la sécurité intérieure (DGSI) et extérieure (DGSE) par la DGST.

Celle-ci a, selon un communiqué relayé ce 6 avril 2021 par l’agence Maghreb arabe presse (MAP), transmis à ses homologues françaises des informations relatives aux données personnelles de la concernée, ses données d’identité électronique ainsi que le menu détail de son projet, qui consistait à cibler les fidèles de ladite église avec une grande épée pour les tuer et les mutiler.

Un sabre a justement été retrouvé, à en croire une source judiciaire citée le 4 avril 2021 par l’Agence France-Presse (AFP), au moment de son interpellation, confirmant de fait les dires de la DGST. La terroriste présumée voulait ainsi s’inspirer de l’organisation terroriste Daech, avec la coordination de laquelle elle agissait d’ailleurs et dont, selon la DGST, elle regardait “régulièrement” les contenus numériques.

Partage d’informations
D’après le maire de Béziers, qui n’est autre que l’ancien secrétaire général de l’organisation internationale Reporters sans frontières, Robert Ménard, “c’est quelqu’un qui n’hésitait pas à dire, d’après ce qu’on [lui] a dit, qu’elle regardait des vidéos de Daech”. “C’est une jeune fille que les services sociaux connaissaient, c’est un milieu un peu marginal,” a-t-il révélé. Et d’ajouter que sa famille “habite en plein coeur d’un quartier difficile, un quartier où il y a des dealers, mais un quartier qui n’est pas infesté par l’islamisme”.

La mère ainsi que trois soeurs de la terroriste présumée, dont l’une est âgée de 16 ans seulement et est donc mineure, ont été conduites en même temps qu’elle au siège de la DGSI, dans la ville de Levallois-Perret, dans le département des Hauts de Seine, pour être interrogées, ceci dit pour la simple raison qu’elles étaient présentes au moment de l’opération du RAID.

“Le partage de ces informations avec les services français s’inscrit dans le cadre de l’adhésion du Maroc aux mécanismes de coopération internationale de lutte contre les organisations terroristes, de consécration de la paix et de la stabilité dans le monde, ainsi que dans le sillage du renforcement de la coopération entre la DGST et les services de renseignements français dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et face à la recrudescence des menaces de l’extrémisme violent qui vise la sûreté et la sécurité des citoyens des deux pays,” a précisé, dans son communiqué, la DGST.

Ce n’est pas, pour rappel, la première fois que le Maroc vient en aide à la France en matière de lutte antiterroriste, puisqu’il faut aussi souligner que c’est le Royaume qui, en novembre 2015, avait permis aux autorités françaises de mettre la main sur Abdelhamid Abaaoud, cerveau des attaques qui venaient alors de frapper la capitale du pays, Paris.