Trois questions à Abdellah Ghmimat, secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE-Tendance démocratique)

Abdellah Ghmimat : "Nous sommes prêts à explorer toutes les voies légales"


Quelles sont vos conditions pour reprendre le dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale, et comment comptez-vous garantir la productivité des discussions cette fois-ci?
Notre démarche vers le dialogue avec le ministère a toujours été guidée par une recherche consciencieuse de solutions et améliorations tangibles dans notre système éducatif, et ce depuis le 21 octobre 2021 qui marquait notre première rencontre avec le ministre, où nous avons déposé une liste exhaustive de 47 demandes. Ces dernières reflètent les profondes préoccupations quant à la crise actuelle du système éducatif, une crise qui émerge, à notre avis, d’une stratégie politique adhérant scrupuleusement aux recommandations de la Banque mondiale, laquelle est profondément ancrée dans une perspective financière plutôt que pédagogique ou sociale. La nature de cette crise a été illustrée par diverses études et rapports. Ainsi, pour reprendre le dialogue, il est impératif que nos demandes soient non seulement reconnues mais qu’il y ait également un engagement concret à explorer et à implémenter des solutions collaboratives et viables.

Comment percevez-vous l’impact des grèves et des manifestations sur les élèves et comment cela est-il intégré dans votre stratégie de protestation?
Les élèves, constituant une partie intégrante et vitale de notre mission éducative, demeurent au coeur de nos préoccupations et stratégies. Nous, en tant qu’éducateurs, sommes sans doute les plus investis pour le bien des élèves. Cependant, il est crucial de reconnaître que notre droit à la grève, préservé par les lois tant internationales que marocaines, est un outil essentiel pour faire entendre notre voix lorsque nos appels au dialogue et à l’amélioration sont négligés.


Quelles autres actions envisagez-vous si le gouvernement ne répond pas favorablement à vos revendications?
Face à l’impasse actuelle, où le gouvernement semble ignorer la gravité de nos revendications malgré les grandes manifestations et la pression sociale constante, notre détermination ne fléchit pas. Les manifestations continuent d’être un moyen vital pour nous de nous faire entendre, mais elles ne sont qu’un aspect de notre stratégie globale. Nous sommes également engagés dans un processus de mobilisation communautaire pour sensibiliser davantage les familles et les citoyens aux enjeux de l’éducation au Maroc.

Si le gouvernement persiste dans son refus de satisfaire nos exigences, nous sommes prêts à explorer toutes les voies légales pour contester la politique actuelle, y compris une escalade de nos actions de protestation et la possibilité de recourir à des actions juridiques pour protéger nos droits et ceux de nos élèves. Notre but ultime reste le même, à savoir un système éducatif qui respecte et valorise ses enseignants et offre à nos élèves l’éducation de qualité qu’ils méritent.

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