Abdelilah Benkirane menace de claquer la porte

Remous au PJD autour du projet de loi légalisant le cannabis

À quelques mois des élections législatives prévues en septembre 2021, le PJD, le parti au pouvoir, se retrouve dans des situations pour le moins tourmentées. Après l’annonce de la démission de Mustapha Ramid du gouvernement en tant que ministre d’Etat en charge des droits de l’homme et des relations avec le Parlement, et celle aussi de Driss El Azami Idrissi de la présidence du conseil national du PJD, voilà Abdelilah Benkirane qui menace à son tour de quitter le PJD si les députés de son parti votent pour le projet de loi légalisant le cannabis.

Dans une lettre signée, lundi 1er mars 2021, et partagée par les médias, l’ex-Chef du gouvernement a écrit, dans une sorte de menace claire et nette: «En ma qualité de membre du Conseil national du Parti de la justice et du développement, je mettrai fin à mon adhésion au parti si les parlementaires Pjdistes votent pour le projet de loi relatif à l’usage du cannabis». Cette position, qui semble déjà tranchée par Benkirane, vient entacher davantage la réputation du parti de la lampe, qui vit clairement une période difficile.

L’ancien secrétaire général du parti aurait confié à plusieurs de ses proches que ce projet de loi lui a été présenté plusieurs fois lorsqu’il était encore Chef du gouvernement entre 2012 et 2017. Et qu’il s’était toujours opposé à ce texte, qu’il considère comme un prétexte pour permettre aux réseaux du trafic de drogue de légaliser leurs activités.

L’ancien patron du parti affirme ne pas aller contre les intérêts de l’Etat, mais force est de constater que sa position menaçante est venue créer une situation de cacophonie chez les membres du PJD qui occupent des responsabilités au gouvernement et dans le Parlement. Et le premier d’entre eux est bien entendu le chef du gouvernement, Saâd Eddine El Otmani, qui avait présidé une réunion du conseil, jeudi 25 février 2021, pour examiner le projet de loi légalisant le cannabis.

Le conseil du gouvernement s’est donné encore une semaine pour l’examen du projet, qui sera probablement adopté lors de la prochaine réunion programmée jeudi 4 mars 2021. Pour le moment, aucun membre officiel du parti n’a réagi à la lettre de Abdelilah Benkirane. Mais celle-ci risque de provoquer des frictions énormes au sein d’une formation politique fortement déstabilisée. Pour les observateurs, il s’agit, ni plus ni moins, de gesticulations d’un leader politique dépassé qui tente de conserver une place au soleil sur la scène politique.