A quoi joue la Russie?

Sa diplomatie nie tout froid diplomatique avec le Maroc et reçoit une délégation du Polisario

Le Maroc a certes besoin de diversifier ses partenaires et alliés surtout avec les positions hostiles de nos partenaires traditionnels dans le Vieux Continent. Mais pas n’importe quel allié ou partenaire. La Russie joue-t-elle aussi un double jeu avec le Maroc en manigançant en coulisse contre son intégrité territoriale?

La Russie n’a-t-elle pas bien compris qu’au coeur des crises diplomatiques avec l’Espagne et l’Allemagne notamment, il y a la cause nationale première, à savoir le Sahara marocain? Ou bien, à l’instar de certains pays européens, joue-t-elle un double jeu? D’abord, le mercredi 20 octobre 2021, Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères, a reçu dans son bureau à Moscou, la capitale russe, des membres du Polisario. Un signe révélateur d’une manigance qui se trame dans les coulisses car la Russie a toujours observé une certaine neutralité dans l’affaire du Sahara marocain.

Le lendemain, jeudi 21 octobre, le même responsable russe reçoit l’ambassadeur du Maroc à Moscou, Lotfi Bouchaara. Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, «au cours de cet entretien, les questions d’actualité liées au développement des relations russo-marocaines, traditionnellement amicales, ont été examinées de manière approfondie, y compris l’organisation, dans les meilleurs délais, à Moscou de la 8e réunion de la Commission mixte intergouvernementale de coopération économique, scientifique et technique». Les deux parties ont également évoqué les préparatifs de la 6e session ministérielle du Forum de coopération russo-arabe à Marrakech «y compris la coordination des dates, mutuellement acceptables, pour sa tenue d’ici la fin de cette année, en tenant compte des contraintes liées à la pandémie de la Covid-19», ajoute la même source.

Brouille diplomatique
Jusque-là, aucune allusion à la réception dédiée à la délégation du Polisario ou à la brouille diplomatique entre les deux pays. Bien au contraire, le ministère russe réfute ce qui semble être un froid diplomatique marqué particulièrement par la suspension par le Maroc à la mi-octobre 2021 des vols de et vers la Russie, sans en fournir la moindre explication.

Les deux responsables «ont exprimé leur profond étonnement suite aux informations infondées, propagées par un certain nombre de médias, sur un prétendu refroidissement entre Moscou et Rabat, déclarant que la coopération russo-marocaine, multiforme et mutuellement bénéfique, se développe de manière dynamique et mettant en avant le rôle actif joué dans ce travail commun, par l’ambassadeur de Russie au Maroc, Valerian Shuvaev», lit-on dans le communiqué.

A en croire la communication du ministère russe, on peut dire que les relations sont au beau fixe et qu’elles seront même portées à un nouveau palier. Mais quand on voit les actes, les belles paroles diplomatiques finissent par s’évaporer dans l’air. Le Maroc a besoin de diversifier ses partenaires et alliés, surtout avec les positions hostiles de nos partenaires traditionnels dans le Vieux Continent.

Mais pas n’importe quel allié ou partenaire. Le Royaume est à la recherche d’un allié et partenaire avec lequel on peut arriver à une entente sur les intérêts stratégiques des deux pays sans franchir la ligne rouge de l’intégrité territoriale.