Plus de 900.0000 salariés en arrêt de travail

Les chiffres chocs d'Amakraz, ministre du travail

le gouvernement fera en sorte que l’état d’urgence sanitaire n’aille pas au-delà du 20 mai 2020.

Un argument de plus en faveur d’un déconfinement proche dans le temps? Dans son exposé de ce lundi 4 mai 2020 à la Chambre des représentants, où il était présent pour une séance routinière de questions orales de la part des élus de la première chambre, le ministre du Travail et de l’Insertion professionnelle, Mohamed Amakraz, a révélé que ce sont plus de 900.000 employés inscrits à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui se sont retrouvés en situation d’arrêt de travail temporaire au cours du mois d’avril 2020. C’est près de 92.000 de plus que lors du mois de mars 2020, où ce sont 808.199 salariés qui avaient été concernés.

Surtout, quelque 3.000 entreprises se sont ajoutées pendant le même laps de temps à la liste de celles qui se sont déclarées auprès des autorités comme étant impactées par la pandémie, ce qui porte le nombre total de ces entreprises à plus de 134.000, contre 131.955 un mois plus tôt. “Cela donne une idée approximative sur l’ampleur des dommages subis par les entreprises nationales,” a souligné, à ce propos, M. Amakraz.

Foyers épidémiques
A partir de là, il est aisé de comprendre que le gouvernement fera en sorte que l’état d’urgence sanitaire n’aille pas au-delà du 20 mai 2020, comme en avait d’ailleurs publiquement fait le souhait quatre jours plus tôt le ministre de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun face aux députés, devant lesquels ce dernier était également passé pour défendre le dépassement par son département du plafond des emprunts extérieurs.

De toute façon, l’Etat n’a tout simplement pas les moyens de soutenir pendant longtemps autant d’entreprises, et l’on peut déduire à partir des chiffres donnés par M. Amakraz à la Chambre des représentants que plus de 2,6 milliards de dirhams ont été en un mois et demi seulement décaissés pour payer l’allocation de 2.000 dirhams mensuels décidée le 19 mars 2020 par le biais du Comité de veille économique (CVE) de l’Exécutif. Reste toutefois que le déconfinement se passe dans des conditions garantissant aux travailleurs leur intégrité physique, de sorte à ne pas miner tous les efforts consentis depuis la déclaration de l’état d’urgence sanitaire le 20 mars 2020 pour limiter la propagation du Covid-19 sur le territoire national.

Or si la majorité des entreprises font preuve d’une conscience civique sans faille et permettent de prévenir l’apparition de foyers épidémiques en leur sein, beaucoup ne souscrivent pas encore aux mesures de distanciation sociale décrétées par le gouvernement, et d’ailleurs dix entreprises employant 9.764 personnes se sont vues manu militari fermées en avril 2020 sur ordre des pouvoirs publics pour des conditions de travail laissant à désirer à plus d’un titre -il y a lieu de rappeler que plusieurs clusters avaient notamment vu le jour au cours des dernières semaines dans des des unités industrielles, commerciales ou relevant d’autres activités dans les villes de Marrakech, de Fès et de Tanger. Pas de quoi vraiment être confiant.


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