80% des TPME marocaines touchées par la crise

NOTE DE LA BANQUE AFRICAINE DE DÉVELOPPEMENT

La note d’orientation sur l’impact du Covid-19 sur l’emploi et les TPME au Maroc, élaborée par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation internationale du Travail (OIT), préconise le renforcement, à court terme, des dispositifs d’accompagnement technique destinés aux entrepreneurs marocains.

Près de 80% des très petites et moyennes entreprises (TPME) ont été touchées par la crise du Covid-19 au Maroc avec une baisse d’au moins 15% de leur chiffre d’affaires. C’est ce révèle une note d’orientation intitulée «Impact de la crise du Covid-19 sur l’emploi et les TPME au Maroc», publiée le 31 mai 2021 par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation internationale du Travail (OIT).

«Le Maroc, comme le reste du monde, a été touché de plein fouet par la pandémie du Covid-19. En 2020, la crise a entraîné la perte de 432.000 emplois et a provoqué une hausse de la précarité de l’emploi, en particulier chez les jeunes, les femmes et les populations les plus vulnérables. On note également une baisse de 26% du volume horaire travaillé par semaine, équivalant à près de deux millions d’emplois», indique la note d’orientation, soulignant, par ailleurs, que 77% des TPME ont exprimé un besoin d’accompagnement technique.

Accompagnement des entrepreneurs
La crise a aussi accentué les vulnérabilités structurelles caractérisant ces entreprises, qui concentrent 73% des emplois. Avant la crise, les TPME marocaines faisaient face à des difficultés d’accès au financement, ne recevant que 15,6% du total des crédits bancaires, selon la note. Ce tissu économique est aussi caractérisé par un faible niveau de qualification qui limite les gains de productivité. Le document précise, par ailleurs, la prédominance du secteur informel, qui concerne 81% des TPME et 60% des emplois du secteur privé. En outre, près de deux tiers des salariés ne disposent pas de couverture sociale.

La note relève toutefois les avancées réalisées dans le cadre du plan de relance économique pour faciliter, notamment, l’accès au financement des entreprises et renforcer le socle de protection sociale. Elle souligne les importants progrès du programme Intelaka relatif au déploiement d’instruments financiers adaptés aux besoins des TPME.

Le document préconise, à cet effet, le renforcement, à court terme, des dispositifs d’accompagnement technique destinés aux entrepreneurs. Il appelle, notamment, à adopter une vision holistique et intégrée de la promotion de l’entreprenariat et des TPME afin de lever les contraintes structurelles.

Pour soutenir la reprise, le document propose d’inclure, dans chaque plan sectoriel de relance, des projets et programmes à fort potentiel d’impact sur la création d’emplois et de réaliser une évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de l’emploi. «Penser l’après Covid-19 permet d’appréhender l’économie marocaine avec des fondations plus résilientes, plus inclusives et plus innovantes.

Une croissance endogène créatrice d’emplois décents, davantage tirée par les TPME, s’avère ainsi fondamentale. C’est autour de ces axes que s’articulent les principales recommandations de cette note conjointe», déclarent les rédacteurs de la note.