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80 pays réunis à Marrakech pour éradiquer Daech

L’expertise du Maroc plébiscitée

Organisée à l’invitation de Nasser Bourita et de Antony Blinken, cette première réunion de la Coalition mondiale anti-Daech en Afrique a été un double succès pour la diplomatie marocaine: la mise en oeuvre de la proposition royale d’élargir la coalition à l’Afrique et le soutien de pays européens au plan d’autonomie marocain.

Les chiens aboient et la caravane passe. La junte militaire algérienne semble aigrie. Sur un ton trahissant sa grande amertume, elle s’attaque au rayonnement du Maroc qui a accueilli, mercredi 11 mai 2022 dans la ville de Marrakech, la réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech (Etat Islamique) avec la participation de 400 responsables et experts de 79 pays et de 47 ministres, dont 38 ministres des Affaires étrangères. Côté États-Unis, la numéro 3 de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a dû remplacer à la dernière minute le Secrétaire d’État, Antony Blinken, testé positif au Covid-19. Petit rappel, les invitations ont été envoyées aux participants au nom de Nasser Bourita et d’Antony Blinken.

Dans un communiqué publié jeudi 12 mai, le ministère des Affaires étrangères algérien «a dénoncé» ce qu’il a appelé un «vacarme de déclarations» orchestrées par le Maroc qui, selon les termes employés par le département de Ramtane Lamamra, s’est «employé à faire dudit rassemblement un évènement consacré au Sahara Occidental ». Par «vacarme de déclarations», le régime algérien omet d’expliquer qu’il s’agit du soutien des Pays-Bas, de la Serbie, de la Roumanie, de la Hongrie et de Chypre au plan d’autonomie marocain, comme solution crédible et sérieuse au différend artificiel autour du Sahara marocain. Un coup de maître de la diplomatie marocaine! Le régime algérien a également omis d’évoquer les annonces de pays arabes (notamment du Golfe) et africains relatives à la reconnaissance de la marocanité du Sahara et au soutien réitéré à l’intégrité territoriale du Royaume.

Mais ce n’est pas tout. L’absence de l’Algérie à cette réunion de la coalition mondiale ne peut qu’être interprétée que ce voisin de l’est ne peut être considéré à la fois comme pays engagé dans la lutte contre le terrorisme, et notamment Daech, et comme un Etat qui appuie des groupuscules terroristes et des mouvements séparatistes (Polisario) qui sèment la peur et le chaos dans la région du Sahel. D’ailleurs, le communiqué final publié à l’issue des travaux de ce conclave international recèle une allusion explicite à ce sujet: «Les participants ont exprimé leurs préoccupations quant à la prolifération des mouvements séparatistes en Afrique qui génèrent une déstabilisation et une vulnérabilité accrue des États africains, et qui, en fin de compte, favorise Daech et d’autres organisations terroristes et extrémistes violentes», lit-on. Dans la même lignée, les participants ont relevé l’existence du nexus entre mouvements séparatistes et mouvements terroristes agissant en collusion, en instrumentalisant les vulnérabilités existantes d’une manière à démultiplier leur impact déstabilisant.

Un effort collectif global
Comprenne qui pourra! Quant au dernier point qui irrite l’establishment algérien, c’est le choix du Maroc pour l’organisation de cette grand-messe internationale et le succès de cette dernière. De l’avis de M. Bourita, cette réussite se décline en trois grands axes. Le premier est relatif à l’Afrique, avec un accent particulier sur les enjeux du continent qui constitue une priorité dans la vision de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notamment les questions de sécurité, de développement et de lutte contre le terrorisme, qui sont au coeur de la politique étrangère du Royaume. Le deuxième facteur, a expliqué M. Bourita, réside dans «la réussite du Maroc à formuler des réponses nationales efficaces et uniques dans sa lutte contre le phénomène terroriste, ce qui lui confère une crédibilité au niveau international, et fait de son expérience nationale une source d’inspiration pour de nombreux pays amis et partenaires, en particulier ceux du continent africain». Quant au troisième facteur, il porte sur «la profonde et la ferme conviction du Maroc que la lutte contre le terrorisme requiert un effort collectif global et coordonné qui aborde les différents aspects de ce phénomène, dans le cadre d’une approche fondée sur la coopération et la coordination».

La Coalition anti-Daech a été créée pour coordonner la lutte contre l’«Etat islamique » en Syrie et en Irak et dont les méfaits se sont étendus au Sahel. L’idée d’élargir la coalition à l’Afrique est une proposition du Roi Mohammed VI, adressée par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita au Secrétaire d’État Antony Blinken, au cours de sa visite au Maroc fin mars dernier. D’où le thème générique de cette réunion de la Coalition, entièrement dédiée au continent. Cerise sur gâteau, la réunion de Marrakech a vu l’adhésion de la République du Bénin comme nouveau membre de la Coalition, devenant ainsi le 85e membre. C’est le fruit de l’approche marocaine en matière de lutte anti-terroriste qui, d’après les propos de M. Bourita, «reflète une profonde conviction quant à la capacité de l’Afrique à inverser la tendance », comme l’a souligné Sa Majesté le Roi Mohammed VI devant le 29ème Sommet de l’Union Africaine en assurant que «Nous avons toujours été convaincus que l’Afrique peut transformer ses défis en authentique potentiel de développement et de stabilité ».

Entêtement du pouvoir algérien
Si le Royaume est un modèle à suivre autant à l’échelle mondiale qu’au niveau continental, ce n’est pas pour rien. Depuis les attentats terroristes de Casablanca du 16 mai 2003, le Royaume a mis en place une stratégie efficace, multidimensionnelle et holistique de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Plus de 210 cellules terroristes ont pu être démantelées par le Maroc depuis 2002.

La création du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ) en 2015 a amélioré la riposte marocaine. L’expertise et la perspicacité de collecte de renseignements des services de la DGST (Direction générale de la surveillance du territoire) et de suivi et d’intervention du BCIJ garantissent la sécurité et la stabilité du pays.

Leur vigilance ne flanche jamais. Ils savent que la nébuleuse terroriste cible le Maroc de par sa position géopolitique assez singulière sur l’échiquier international. Il est situé aux frontières d’une zone où on assiste à un enracinement de foyers de terrorisme et de crime organisé qui s’établit dans une région très étendue aux frontières poreuses.

La région du Maghreb est toujours sujette à des menaces terroristes. La persistance et la permanence de la menace est omniprésente au Maghreb, au sud de la zone sahelo- saharienne. C’est une zone de fragilité dans laquelle plusieurs groupes terroristes s’activent (AQMI, Daech, des réseaux de contrebande d’armes…). Cette zone représente un refuge pour les terroristes. Elle connait une grande absence de l’autorité avec des Etats qui ont beaucoup de difficultés à faire régner leurs lois sur l’ensemble de leurs territoires comme c’est le cas de la Libye et de l’Algérie, notamment au sud.

Cette instabilité régionale pèse de tout son poids sur le Maroc, car, pour lutter contre cette forme d’insécurité et cette menace, les Etats membres de la région doivent collaborer ensemble, notamment en renforçant le contrôle aux niveaux des zones limitrophes. L’entêtement du pouvoir algérien à refuser toute forme de coopération constitue donc une entrave sérieuse à l’atteinte de cet objectif. Mais c’est loin d’être le dessein du régime algérien qui vise justement à créer et entretenir cette instabilité en soutenant le Polisario, dont les milices, composées de mercenaires sans foi ni loi, agissent en bandes criminelles avec comme seule arme le terrorisme.

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