Une offre de 8 millions de têtes d'ovins et de caprins pour la fête du sacrifice

Le Maroc assure son autosuffisance


L’offre locale en ovins et caprins dépasse cette année encore la demande (5,5 millions de têtes) pendant la fête du sacrifice, en dépit des effets de la sécheresse et de la hausse des prix des intrants. Si la qualité est garantie, les prix connaîtront une hausse sensible.

La fête du sacrifice (Aid Al Adha) approche à grands pas. A quelques encablures de cette fête religieuse sacrée tant attendue par les Marocains résidant au Maroc et les centaines de milliers de MRE qui retournent au bercail pour la célébrer en famille, de nombreuses incertitudes planent concernant l’offre, et particulièrement les prix. Les spéculations ont fusé ces derniers jours sur la capacité des éleveurs locaux à répondre à la demande locale. « On n’aura pas besoin d’importer de l’étranger pour satisfaire la demande nationale même si le processus d’importation est ouvert. Mais cela aura un impact sur notre réserve de devises d’autant plus que les prix à l’international sont élevés et les Marocains préfèrent toujours la race locale », nous confie Abderrahmane Mejdoubi, président de l’association nationale ovine et caprine (ANOC), qui fédère 15000 éleveurs propriétaires de 4 millions de têtes.

Renchérissement des intrants
Au total, rassure M. Mejdoubi, 8 millions de têtes d’ovins et de caprins (4 millions de l’ANOC et 4 millions de la fédération interprofessionnelle des viandes rouges ‘’FIVIAR’’) sont disponibles et en très bonne santé. « Nous avions déjà rassurés à ce propos le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, lors d’une réunion il y a deux semaines. L’opération d’immatriculation va bon train. Il y a 1700 vétérinaires privés et ceux rattachés au ministère de l’Agriculture sans compter les techniciens de l’ANOC qui ont commencé l’identification. Le cheptel national est en parfaite santé. On identifie 60.000 têtes par jour. On est déjà 40% de nos 4 millions de têtes qui sont déjà identifiés », souligne le responsable.


L’évènement de cette année est assez particulier. Le secteur a été fortement impacté par les effets de la sécheresse et le renchérissement des intrants. Les prix de tous les intrants ont plus que doublé, selon le président de l’ANOC qui est aussi éleveur. La hausse des prix des intrants, surtout l’aliment de bétail, a été enclenchée ces trois dernières années et a été accentuée par la guerre en Ukraine puisque la plupart des aliments sont importés. L’orge est à 6 DH/kg et l’aliment composé dépasse 5 DH/ kg. La marge des éleveurs sera impactée.

Les éleveurs n’ont d’autre choix que d’augmenter les prix pour assurer une certaine marge. La hausse attendue se situe entre 12 et 15%, soit entre 400 et 600 dirhams. Il faut s’attendre à une moyenne des prix dépassant 4.000 DH/ tête. Trois races dominent le marché : Sardi, Timihdit et Bni guil. Les goûts des acquéreurs diffèrent, comme les prix des races. Fait marquant : l’ANOC a lancé la saison dernière à titre d’essai une application mobile intéressante sur Play Store, baptisée My Anoc. Elle renvoie sur une plateforme dédiée à la vente en ligne de têtes d’ovins et de caprins sur la base de photos réelles et du poids, bien entendu avec la garantie de l’association.

Somme toute, malgré l’inflation des prix des intrants et des coûts de l’opération d’engraissement en cours, la demande pour Aïd Al Adha devrait être maintenue au même niveau que celui de l’année dernière, avec près de 5,5 millions de têtes, dont plus de 5 millions d’ovins et 500.000 caprins. L’Aïd Al Adha, attendu le 22 ou le 23 juin, coïncidera cette année avec le démarrage du retour des MRE.

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