50,5 milliards de dirhams à fin octobre 2020

Le déficit s'aggrave de plus en plus

En attendant les efforts à déployer en matière de la rationalisation des dépenses, le gouvernement n’a d’autre choix que de recourir, encore une fois, au déficit budgétaire

Dans sa présentation le 19 octobre 2020, au Parlement du projet de loi de finances 2021, Mohamed Benchaâboun, ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, a, notamment, déclaré que son département va tout faire pour ramener le déficit budgétaire à 6,5% du PIB en 2021, contre 7,5% en 2020. Il s’agit, dit-il, d’un budget difficile, élaboré dans un contexte de crise économique liée à la pandémie de Covid-19. Il y a un effet ciseau de la baisse des recettes fiscales et de la hausse des dépenses.

Et la crise sanitaire impose de réaliser des dépenses publiques importantes. En attendant les efforts à déployer en matière de la rationalisation des dépenses et des mesures engagées pour disposer de ressources additionnelles, dans le cadre de la poursuite du processus de privatisation, le gouvernement n’a d’autre choix que de recourir au déficit budgétaire. Or, selon la situation des charges et ressources du Trésor (SCRT), publiée mercredi 11 novembre 2020 par le ministère, ce déficit ne fait qu’augmenter en s’établissant, à fin octobre 2020, à 50,5 milliards de dirhams (MMDH), contre 36,5 MMDH à la même date de l’année dernière. Un déficit qui s’aggrave de plus en plus.

Dégradation du solde
En effet, par rapport au mois de septembre, ce déficit est en aggravation de 7,7 MMDH, résultant principalement de la dégradation du solde ordinaire (-4,1 MMDH par rapport à septembre 2020), précise la même source. Comparativement aux prévisions de la loi de finances rectificative 2020, le taux de réalisation des recettes ordinaires, sur une base nette des remboursements, dégrèvements et restitutions fiscaux, s’est situé à 81%, contre 80% un an auparavant, ajoute la même source, notant que par rapport à la même période de 2019, ces recettes ont enregistré une baisse de 17,4 MMDH, dont 13,4 MMDH au titre des recettes fiscales et 3,7 MMDH au titre des recettes non fiscales.

Le ministère souligne en outre que les dépenses ordinaires ont enregistré un taux d’exécution de 81,5% par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative et se sont inscrites en hausse de près de 8,7 MMDH (+4,7 %) par rapport à la même période de 2019. Concernant les dépenses d’investissement, les émissions ont affiché un taux de réalisation de 70,3%par rapport aux prévisions de la loi de finances rectificative et une baisse de près de 3,3 MMDH (-6,1%) par rapport à la même période de 2019, ajoute la même source, expliquant cette évolution principalement par la baisse des dépenses au titre des budgets ministériels.

Quant aux comptes spéciaux du Trésor, ils ont dégagé un excédent de 12,7 MMDH, contre 3,8 MMDH un an auparavant. Cette hausse s’explique principalement par l’excédent de 8,5 MMDH dégagé par le Fonds spécial de gestion de la pandémie Covid-19, les autres comptes spéciaux du Trésor ayant enregistré globalement un flux positif de 4,2 MMDH, contre 3,8 MMDH à fin octobre 2019.

L’exécution de la loi de finances est intervenue, depuis le mois de juin, dans un contexte caractérisé par la levée progressive du confinement et l’apparition, en conséquence, de signes de reprise dans certains secteurs d’activité économique. Elle reflète également l’impact des mesures adoptées par le Comité de veille économique pour contrer les effets socioéconomiques de la pandémie Covid-19.


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