45 000 familles marocaines expulsées de l’algérie : Justice pour les victimes de la "Marche noire"


Malgré les années, les plaies de la «Marche noire» sont encore béantes. Près d’un demi-siècle après les événements tragiques de 1975, l’Association marocaine des victimes de l’expulsion arbitraire d’Algérie (AMVEAA) appelle à rendre justice aux milliers de familles marocaines déportées.

Le 8 décembre 1975, sur ordre du colonel Houari Boumedienne, le régime militaire algérien a procédé à l’expulsion des familles marocaines vivant légalement en Algérie. Expulsées sans avertissement, ces familles ont été traitées de façon inhumaine et laissées en rade à la frontière. Cette réponse de l’Algérie faisait suite à la Marche verte marocaine ayant eu lieu un mois plus tôt pour récupérer le Sahara marocain alors occupé par l’Espagne.


C’est dans ces événements que les tensions entre l’Algérie et le Maroc, qui ont atteint leur paroxysme en août 2021, plongent leurs racines. Le 17 mars 2023, la Cour Pénale Internationale (CPI) a lancé un mandat d’arrêt contre Poutine et la commissaire russe aux droits de l’enfant pour « crimes de guerre ». Des crimes qui ont eu lieu il y a 50 ans également par le système algérient vis-àvis des Marocains qui étaient installés à l’époque en Algérie. Une décision qui a incité l’Association marocaine des victimes de l’expulsion arbitraire d’Algérie (AMVEAA) à lancer un appel pour rendre justice aux milliers de familles marocaines déportées. Le secrétaire général de l’AMVEAA, Mohammed Hamzaoui, lui-même victime, nous a parlé avec regret des conséquences dramatiques de cette expulsion forcée et généralisée, qui a touché près de 45 000 familles, soit jusqu’à 400 000 citoyens. Les familles ont été disloquées, avec la gravité de ce déplacement forcé et la séparation entre mari et femme, enfants et père et mère dans une tragédie sans précédent dans l’histoire contemporaine.

Un crime contre l’humanité
Pour cette opération, l’état algérien a enrôlé tous ses services de sécurité, y compris l’armée, le renseignement de sécurité, la police et la gendarmerie, pendant deux mois consécutifs, au cours desquels il n’a pas hésité à maltraiter et humilier tous les détenteurs de la nationalité marocaine par des perquisitions, des arrestations, incarcérations, séquestrations, famines, intimidations, tortures à mort, injures, attentats à la pudeur et viols dans les commissariats, atteinte à la dignité humaine et la dépossession des biens immobiliers et mobiliers. L’AMVEAA estime que cette expulsion forcée et généralisée constitue un acte criminel relevant de la catégorie des crimes internationaux contre l’humanité. Selon Hamzaoui, ce crime comme une violation flagrante et manifeste du droit international humanitaire, du droit du travail, des lois du pays hôte lui-même ainsi que des accords conclus entre le Maroc et l’Algérie. De même, ce crime odieux constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, des normes des pays civilisés, des droits de l’homme, des déclarations des droits universels et des exigences de la conscience mondiale.

Des centaines de Marocains ont été séquestrés, en détention secrète et emprisonnés sans aucun procès et certains figurent sur la liste des disparus forcés. Quant aux autres, ils ont été abattus par les armes ou par pendaison dans des centres de détention secrets en Algérie. Pour l’AMVEAA, il est crucial que les familles marocaines qui ont subi ces expulsions forcées et les conséquences dramatiques qui en ont résulté obtiennent justice et réparation. Hamzaoui a appelé à la responsabilisation des responsables de ces crimes par la justice internationale, en prenant en compte les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les violations du droit international humanitaire. Pour les victimes et les familles, la quête de justice et de réparation continue. Il est temps pour la communauté internationale de prendre en compte les conséquences dramatiques de cette expulsion forcée et de s’assurer que les responsables soient tenus de rendre des comptes pour leurs actes.

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