Plus de 330.000 enfants victimes d'abus sexuels de la part de religieux en France

Un grand scandale qui éclabousse l’église catholique

Face à l’ampleur du phénomène, l’église catholique est ainsi appelée à reconnaître sans détour sa responsabilité. C’est ainsi que le patron du Vatican, le pape François 1er, a aussitôt réagi en exprimant sa honte et son effroi.

Tout le monde sait que la pédocriminalité est un phénomène social grave qui touche toutes les religions et toutes les sociétés du monde. Mais le rapport publié récemment en France par une commission indépendante qui a enquêté sur les violences sexuelles au sein de l’église catholique fait froid dans le dos. Ainsi, le rapport révèle que plus de 216.000 enfants sont des victimes sexuelles de prêtres, diacres et religieux depuis 1950. Un phénomène massif couvert pendant des décennies par le silence.

Si l’on ajoute les personnes agressées par des laïcs travaillant dans des institutions de l’Eglise (enseignants, surveillants, cadres de mouvements de jeunesse...), le nombre des victimes grimpe à 330.000. Pour beaucoup, notamment les associations de défense des droits des enfants, ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite. Face à l’ampleur du phénomène, l’église catholique est ainsi appelée à reconnaître sans détour sa responsabilité. Le pape François 1er a aussitôt réagi en exprimant sa honte, son effroi.

Des témoignages bouleversants
Une autre donnée avait aussi été révélée par des hommes influents de l’église française, qui a estimé à 3.200 le nombre de prédateurs sexuels, qui sont des prêtres ou religieux entre 1950 et 2020. Et ce n’est là qu’une estimation minimale car le chiffre serait appelé à augmenter avec les témoignages bouleversants des victimes. Résultat de deux ans et demi de travaux de recherches et d’enquêtes, le rapport de la commission était remis publiquement mardi 5 octobre aux autorités religieuses en France, en présence de représentants d’associations de victimes.

L’Eglise catholique a manifesté jusqu’au début des années 2000 une indifférence profonde, et même cruelle à l’égard des victimes de pédocriminalité. De 1950 aux années 2000, les victimes ne sont pas crues, pas entendues, on considère qu’elles ont peu ou prou contribué à ce qui leur est arrivé.

En préambule à la publication du rapport, François Devaux, figure de la libération de la parole des victimes de violences sexuelles de la part de prêtres et de religieux, a appelé les évêques de France à payer pour tous ces crimes, en ne mâchant pas ses mots par rapport à un énorme scandale qui dépouille l’église de toute sa crédibilité.

Des sources internes au Vatican indiquent que le rapport sera examiné à la loupe à Rome par le pape François, qui a rencontré une partie des évêques français en septembre dernier et a été confronté à ce dossier de la pédocriminalité dès le début de son pontificat.

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