330 millions de télétravailleurs potentiels dans les pays émergents, selon COFACE

Le télétravail, une révolution qui commence?

Le télétravail, un mode de travail fantasmé par certains, redouté par d’autres et inimaginable pour la plupart des salariés.

Près de 330 millions de personnes peuvent potentiellement télétravailler dans les pays à revenus faible et moyen, qui devraient accueillir dans les années à venir de plus en plus d’emplois de services délocalisables, selon une étude publiée mardi 29 juin 2021 par l’assureur-crédit Coface.

Suite à la pandémie de la Covid-19 et aux confinements, le télétravail permanent «n’est plus un tabou et les employeurs vont être de plus en plus tentés de recruter des talents en télétravail dans les pays en développement », selon Coface qui ajoute qu’avec «l’explosion des dettes d’entreprises en 2020, les sociétés vont être plus que jamais contraintes de réduire leurs coûts».

Des investissements conséquents
En France, si un emploi télétravaillable sur quatre partait à l’étranger, cela ferait baisser le coût du travail de 7%, a calculé l’assureur-crédit. Si tous les emplois télétravaillables ne vont pas être délocalisés rapidement, que ce soit pour des raisons réglementaires, culturelles ou de qualité du service rendu à distance, on voit que «pendant la pandémie et encore maintenant, les entreprises sont en train de faire des investissements de plus en plus conséquents dans le renforcement de leur infrastructure digitale et de capacités en télécommunications», a déclaré à l’AFP Marcos Carias, économiste chez Coface et auteur de l’étude. Google a ainsi annoncé l’an dernier qu’il investirait 10 milliards de dollars en Inde pour renforcer les infrastructures numériques dans les cinq à sept ans à venir.

Or, malgré que le fait que le télétravail concerne des millions de salariés aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents, la révolution qu’il dessine ne fait que commencer. Néanmoins la vague du télétravail ne va cependant pas tout emporter. D’abord, pour la raison que tous les métiers ne sont pas télétravaillables.

Par ailleurs, il n’est pas acquis que les millions de télétravailleurs potentiels s’y inscrivent dans la durée. Une partie d’entre eux sont heureux de retourner au bureau après le confinement. Alors que les autres vont pour leur part avoir besoin d’un cadre de travail bien différent de celui du confinement.

La littérature sur le sujet a en effet montré que le télétravail a des avantages indéniables mais aussi des défauts: horaires de travail plus longs et atypiques, sentiment d’isolement, difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée…

D’où l’intérêt d’encadrer cette pratique pour qu’elle puisse être durable. On en est encore loin non seulement dans les pays les plus avancées dans l’usage de ce mode de travail mais aussi des pays comme le nôtre où tout reste à faire.