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32 milliards de dirhams en 15 ans pour l'assainissement liquide

La fuite en avant de Aziz Rebbah

Au moment où Casablanca compte ses dégâts collatéraux suite aux fortes précipitations qui se sont abattues d’une manière presque ininterrompue pendant une semaine, la question de l’assainissement liquide demeure, avec la faiblesse des infrastructures routières, l’autre énorme maillon faible de la chaîne.

La faiblesse des sommes investies dans ce domaine, pourtant considéré comme stratégique dans la vie d’une ville, est évoquée comme la principale cause des inondations qui ont englouti plusieurs quartiers dans la métropole économique. Si les élus de Casablanca, pour fuir leurs responsabilités, se sont défaussé sur la Lydec, accusant la société française de laxisme et de non-respect de ses engagements, le ministre de l’énergie et des mines, Aziz Rebbah, est venu au parlement présenter sa version des choses concernant ce grand problème de l’assainissement.

Selon le maire de la ville de Kénitra, une enveloppe de 32 milliards de dirhams a été investie dans l’assainissement liquide au niveau national sur une période de 15 ans. En réponse à une question orale sur «Les stations d’épuration des eaux usées», présentée par le groupe Authenticité et Modernité à la Chambre des conseillers, le ministre a souligné que l’assainissement liquide est l’un des sujets les plus importants auxquels le ministère accorde une attention particulière, ajoutant que ce programme n’est pas nouveau puisqu’il a enregistré des investissements importants atteignant environ 2 milliards de dirhams annuellement.

Pour les spécialistes, cette somme n’est pas importante eu égard aux vastes territoires des grandes métropoles urbaines comme Casablanca qui nécessitent, selon des estimations établies, plus de 50 milliards de dirhams en cinq ans à raison de 10 milliards de dirhams par an. Casablanca à elle seule pourrait absorber plus de la moitié de ce budget estimatif en raison de sa forte urbanisation et son extension qui ne cesse de se développer d’année en année.

Or, selon les chiffres avancés par le patron de la Lydec, Jean Pascal Darriet, lors d’une conférence de presse tenue mardi 12 janvier 2021 à Casablanca, seulement 26 milliards de dirhams ont été investis par la société, y compris dans l’assainissement liquide. Et ce depuis le début de son activité à Casablanca en 1997, soit en 24 ans de services. Or un peu plus d’un milliard de dirhams par an d’investissements paraît largement insuffisant pour combler les besoins d’une métropole devenue en dix ans une énorme mégapole avec officiellement plus de 6 millions d’habitants.

Au niveau national, comme pour se racheter, Aziz Rebbah évoque un problème de gouvernance lié à la gestion de ce secteur. Mais il concède néanmoins qu’il constitue un des projets les plus difficiles, étant donné qu’il est lié à une série de problématiques d’ordres techniques relatifs au forage souterrain, en particulier à la lumière du phénomène d’urbanisation à grande échelle que connaît un certain nombre de centres ruraux.