Près de 3 millions de Marocains touchés par la pathologie

JOURNÉE MONDIALE DU DIABÈTE

Le nombre de diabétiques a plus que doublé entre 2000 et 2021, passant de 1,2 million à plus de 2,7 millions actuellement, selon des enquêtes nationales du ministère de la Santé.

Le diabète continue de faire des ravages au Maroc. 2,7 millions de marocains souffrent actuellement de cette maladie, dont 20.000 enfants, et 2,2 millions sont des pré-diabétiques. Des chiffres alarmants révélés par le ministère de la Santé et de la Protection sociale, lors de la célébration de la Journée mondiale du diabète le dimanche 14 novembre 2021 sous le thème «Accès aux soins, si pas maintenant, quand?».

Le plus grave, c’est que le nombre de patients connaît une nette augmentation chez les personnes âgées de plus de 18 ans. D’après le Pr. Jamal Belkhadir, président de la Ligue marocaine de lutte contre le diabète, il est passé de 1,2 million de personnes en 2000 à plus de 2,3 millions en 2017-2018, selon des enquêtes nationales du ministère de la Santé.

Plus de 40% des personnes atteintes de diabète ignorent leur maladie à cause de son caractère silencieux, précise-t-il. Pis, souligne celui qui est également président de la Fédération internationale du diabète dans la région Moyen-Orient Afrique du Nord (MENA), 1 Marocain sur 5 est diabétique ou le sera dans les mois à venir. Comme pour ne rien arranger, le Covid-19 a aggravé cette situation déjà alarmante. Cette pandémie a rendu les personnes diabétiques plus vulnérables. Selon Hamdoun Lhassani, président de la Société marocaine d’endocrinologie diabétologie et nutrition (SMEDIAN), elles ont été parmi les catégories les plus touchées par ce virus et constituent une bonne partie des cas hospitalisés et des décès.

Facteurs de risques
Après les chiffres, place aux facteurs de risques. Le Pr. Jamal Belkhadir en cite principalement le vieillissement, la sédentarité, le changement de comportements alimentaires notamment la consommation des boissons et autres produits sucrés. D’où la nécessité, selon lui, de privilégier le dépistage en cas d’observation de certains symptômes cliniques tels que la soif, la fatigue, ou l’urine fréquente, principalement les personnes en excès de poids, et celles ayant une hérédité diabétique voire une hypertension artérielle ou une hyperlipidémie. Il recommande aussi le dépistage de la femme enceinte pour faciliter un traitement rapide qui permettra d’épargner la maman et le futur bébé du diabète.

Conscient de l’impact économique de cette affection de longue durée (ALD) sur les diabétiques, le ministère de la Santé a mis en place plusieurs mesures pour leur faciliter les frais y afférents. Le département du ministre Khalid Ait Taleb indique que plus d’un million d’entre eux sont pris en charge dans les établissements de soins de santé primaire.

L’État a également mis tout un dispositif pour faciliter le remboursement des frais médicaux auprès des caisses d’assurance maladie, comme la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ou la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS). Le projet de loi de finances (PLF) 2022 prévoit également la réduction du droit d’importation de 40% à 2,5% sur la metformine hydrochloride pour favoriser la production locale des médicaments antidiabétiques. Un produit destiné à la fabrication de médicaments utilisés dans le traitement du diabète de type 2.