2 Milliards de dhs seulement pour lutter contre le Coronavirus

Quand le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions !

Comment admettre que seulement 6% de l’argent injecté dans le Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19 ont été accordés aux mesures sanitaires?

Merci, M. El Othmani pour votre générosité et votre ingéniosité. Merci pour avoir débloqué seulement 2 milliards de dirhams pour renforcer le dispositif médical national, mis à rude épreuve face à la propagation rapide du Coronavirus, sur les 37 milliards de dirhams collectés à ce jour, dont 10 milliards du budget général de l’Etat. Insuffisants, le moins qu’on puisse dire, ces 2 milliards, le gouvernement les a utilisés pour mettre en oeuvre son petit plan d’urgence en acquérant 1.000 lits de réanimation, 550 respirateurs, 100.000 kits de prélèvement et 100.000 kits testeurs, ainsi qu’un équipement moderne de radiologie et d’imagerie. Le reste, le gros de la somme collectée, a servi et sert encore à distribuer des aides aux entreprises et aux familles les plus vulnérables et les plus impactées par les répercussions économiques du nouveau coronavirus.

Ceci étant communiqué, M. El Othmani n’a eu de cesse de répéter et d’insister sur le fait que la priorité des priorités de son gouvernement est la santé et la survie des Marocains. Soit. Qu’à cela ne tienne! Si c’est vraiment le cas, donc, comment admettre que seulement 2 milliards, soit l’équivalent à peu près de 6% de l’argent injecté dans le Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du Covid-19, ont été accordés aux mesures sanitaires visant à limiter puis enrayer la propagation du coronavirus? Sérieusement, avec ce petit budget, pensez-vous, M. El Othmani, que nous allons combattre le virus, sachant le manque de moyens endémique dont souffrent nos hôpitaux?

Et comment expliquer qu’on continue à dépenser des milliards de dirhams pour juguler les répercussions économiques de cette pandémie alors qu’on fait peu, très peu, pour extirper le mal depuis sa racine? Les aides s’assimilent à des médicaments prescrits pour traiter les symptômes d’un seul aspect (économique s’entend) des répercussions du coronavirus. Dans ce cas de figure, on est sur une fausse piste. Et on est même en train de “verser de l’eau dans du sable”.

En revanche, si on combat le mal avec des moyens adéquats et suffisants, on se donne toutes les chances de le combattre. Par conséquent, les répercussions diminueront et on n’aura pas besoin d’en dépenser autant aujourd’hui ou demain. Il faut donc consacrer un budget important à la lutte contre cette crise sanitaire. A commencer par le dépistage massif, qui s’impose au vu de la démultiplication des cas de personnes infectées, notamment dans une ville comme Casablanca. Qui dit que nous n’avons pas les moyens? L’argent est mobilisé. Il doit servir à cette fin en priorité. Avec 100.000 kits de dépistage, il faudra attendre plusieurs mois avant de dépister les habitants de nos villes. Il faut généraliser le dépistage.

Il va donc falloir acheter encore plus de kits de dépistage et de respirateurs pour pouvoir circonscrire avant de combattre le virus dans les prochains jours. L’état d’urgence sanitaire sera prolongé sans atteindre les objectifs escomptés. Il faut traiter en amont et ne pas continuer à dépenser l’argent sur ce qui pourrait être anéanti au cas où l’on empêche la propagation du virus.

C’est une urgence dans l’état d’urgence actuel. Autrement, la psychose gagnera davantage de Marocains si les chiffres sur la propagation poursuivent leur recrudescence effrayante. Et il ne faut pas s’étonner de voir des comportements insouciants, même chez des catégories dites instruites et conscientes, qui contribueront à répandre le virus.


Laisser un commentaire

Merci de cocher cette case
X

Télécharger le magazine Maroc Hebdo

Télécharger