26 millions de marocains non-bancarisés

Manque d'information ou manque de transparence?

Malheureusement, tous les efforts de la banque centrale consentis depuis des années n’ont pas beaucoup aidé à réduire le phénomène de non-bancarisation et à limiter la circulation du cash sur le marché.

Des Marocains demeurent réticents à intégrer le secteur financier formel. L’insuffisance de revenus, les coûts élevés des services, les taux d’intérêt élevés, les conditions contraignantes d’accès au crédit, sont autant de raisons invoquées par ces populations non-bancarisées.

Et leur nombre ne cesse d’augmenter. Selon les données de la plateforme de recherche britannique Merchant Machine, le Maroc arrive en tête de liste des pays les plus non-bancarisés avec 71%, soit 26,19 millions de personnes. Le Royaume est suivi du Vietnam, avec une population non bancarisée de 69%, puis l’Égypte avec 67%, relève l’étude. Ces statistiques vont à l’encontre de l’ambition affichée depuis 2007 par Bank Al-Maghrib qui promeut l’inclusion financière à travers la promotion à l’accès aux services financiers formels.

D’ailleurs, la publication du rapport de Merchant Machine a coïncidé avec la publication le 28 avril 2021 d’une étude réalisée par Bank Al-Maghrib (BAM) et la Banque Mondiale (BM), qui recommande des programmes d’éducation financière au Maroc afin de fournir des informations sur les produits disponibles pour les transferts de fonds ainsi que leur tarification et fonctionnement.

Transfert de fonds
Selon l’étude, les besoins en information des populations ciblées relèvent de trois grands axes, à savoir: les produits bancaires de base, les transactions électroniques et leurs conditions d’utilisation, et les alternatives disponibles pour effectuer le transfert de fonds. Ainsi, le premier axe concerne l’information sur les produits bancaires de base disponibles, tels que le compte courant, le compte d’épargne, les cartes prépayées et les portefeuilles électroniques.

L’étude démontre que des programmes d’éducation financière qui donnent des informations claires et pratiques sur les différents types de comptes financiers et cartes disponibles, leurs coûts ainsi que les conditions d’utilisation pourraient avoir un impact positif sur le taux de bancarisation au Maroc.

Au sujet des transactions électroniques (opérations en ligne, paiements par carte bancaire, portefeuilles mobiles, ou en agence), la communication doit viser d’abord le fonctionnement des outils, estime le document. En plus, l’information doit porter sur la sécurité et la réglementation associées, ainsi que sur les frais totaux pour utiliser les services. Enfin, les besoins en information s’inscrivent dans le cadre des alternatives disponibles pour effectuer le transfert de fonds, en particulier via un compte bancaire, la carte prépayée, le paiement mobile ou chez les points de services de proximité «Tashilate».

Malheureusement, tous les efforts de la banque centrale consentis depuis des années n’ont pas beaucoup aidé à réduire ce phénomène de non-bancarisation et à limiter la circulation du cash sur le marché. Et contrairement à ce que l’on pense, ce ne sont pas que les populations à revenus modestes qui sont réticents, une frange de riches aussi.