2020, UNE ANNÉE (VRAIMENT) À OUBLIER

NOUVEAU RAPPORT DU HCP

Si l’on en croit l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami, l’impact de la Covid-19 a vraiment été au niveau du pessimisme ambiant au cours de l’exercice écoulé.

L’année 2020 a, décidément, été loin d’être économiquement rose, avec la pandémie de Covid-19 qui dès le mois de mars est venue miner l’activité sur ce plan. Le Haut-Commissariat au plan (HCP), dans un document qu’il vient de publier ce 7 juin 2021, nous en dit davantage en évaluant l’impact de cette pandémie sur l’économie nationale à 6,3% du produit intérieur brut (PIB).

Ce qui est légèrement moins sévère que les estimations faites le 11 avril 2021 par exemple par le Fonds monétaire international (FMI), arrêtées à 7%, mais qui n’en confirment pas moins que le Maroc a vraiment été, au cours de l’exercice concerné, dans le dur. Dans le détail, on apprend de l’institution dirigée par Ahmed Lahlimi Alami que les activités agricoles ont été plus touchées que celles non agricoles, dans un ordre respectif de 8,6% et 5,8% par rapport à 2019. L’explication n’en est pas donnée, mais on peut imaginer qu’il y a, d’une part, l’effet de la sécheresse, qui avait à un moment amené le département de tutelle à faire adopter un plan d’urgence, conjugué d’autre part à la baisse des exportations, auxquelles se destine une partie de la production nationale.

À ce dernier égard, le HCP a fait état du “net recul des échanges extérieurs”, qui s’est concrètement traduit par un repli de 14,3% de l’export -contre une hausse de 6,2% en 2019, et ce au niveau de tous les biens et les services-, tandis que pour l’import cette tendance a été de -12,2% -contre +3,4% en 2019. Ce qui n’a pas été sans conséquence pour la croissance, dans la mesure où celleci a, de ce fait, été grevée de 5,8 points selon le HCP.

Demande intérieure
Mais rien de moins logique quand on se rappelle le caractère justement pandémique, et donc universel, de la Covid-19, qui n’a épargné aucune région du monde, y compris la puissante Europe, partenaire à plus des deux tiers, soit dit en passant, du Maroc au niveau commercial. Au niveau interne aussi, la récession de 2020 a, on le sait, grandement affecté les citoyens, dont beaucoup se sont retrouvés au chômage -2,7 points de plus qu’avant la pandémie-, ce qui s’est bien évidemment répercuté sur la demande intérieure. Celle-ci s’est, ainsi, “contractée de 6% en 2020 au lieu d’une hausse de 1,7% en 2019, avec une contribution négative à la croissance de 6,5 points au lieu d’une contribution positive de 1,8 point”, note le HCP.

“C’est ainsi que les dépenses de consommation finale des ménages ont connu une baisse de 4,1% au lieu d’une hausse de 1,9% en 2019 avec une contribution négative à la croissance de 2,3 points au lieu d’une contribution positive de 1,1 point,” poursuit par ailleurs le Haut-Commissariat. Il s’est donc bien agi de la pire année en termes économiques de l’histoire du Maroc indépendant, bien plus que celle de la “crise cardiaque”, autrement dit l’année 1995, désignée ainsi par le roi Hassan II suite à un rapport pour le moins pessimiste de la Banque mondiale au sujet de l’économie nationale. Le gouvernement à venir devra, pour ainsi dire, batailler ferme pour en colmater les séquelles.