2020, une année charnière pour Bank Al-Maghrib

Rapport annuel sur la supervision bancaire

Le secteur bancaire a affiché une bonne résilience à fin 2020, avec un ratio de solvabilité moyen de 15,7% et un ratio de fonds propres de catégorie 1 moyen de 11,4%, malgré une hausse de la sinistralité à 8,2% et une baisse des résultats bancaires de 43%.

Les conséquences de la pandémie du Covid-19 ainsi que les mesures de protection sanitaire draconiennes prises par les gouvernements ont induit une récession économique majeure au niveau international et national. Dans ce contexte, Bank Al-Maghrib a pris un ensemble de mesures pour assurer un financement approprié de l’économie et soutenir le secteur bancaire.

«L’économie nationale n’a pas manqué de subir les conséquences des mesures de protection adoptées par les autorités, auxquelles se sont ajoutés les impacts de la sévère sécheresse qu’a subis le secteur agricole. Cette situation s’est traduite par une récession de 6,3%. Au plan socio-économique, les autorités publiques ont rapidement réagi à travers la mise en place d’un fonds spécial pour la gestion de la pandémie Covid-19, qui a mobilisé 34,5 milliards de dirhams, auquel le secteur bancaire a apporté sa contribution et qui a financé le soutien aux entreprises et ménages affectés par la crise», a rappelé Abdellatif Jouahri, gouverneur de Bank Al-Maghrib (BKAM), cité dans la 17e édition du rapport annuel sur la supervision bancaire de BKAM.

Conditions de refinancement
Ainsi, s’agissant de la politique monétaire, les mesures prises par la Banque centrale ont porté sur la baisse du taux directeur de 75 points de base à un niveau historiquement bas de 1,5%, la libération intégrale du compte de la réserve obligatoire, l’élargissement du collatéral éligible aux opérations de recours par les banques aux avances de Bank Al-Maghrib et l’assouplissement des conditions de refinancement par la banque centrale des crédits bancaires aux TPME. Bank Al-Maghrib a également mis en place des lignes de refinancement à travers les banques pour couvrir les besoins des banques participatives et des associations de micro-crédit.

Sur le volet prudentiel, Bank Al-Maghrib a introduit des allègements temporaires pour accompagner le secteur bancaire et renforcer sa solidité. Ces mesures, conjuguées à de bons fondamentaux pré-crise, ont induit une bonne résilience du secteur bancaire, avec, à fin 2020, un ratio de solvabilité moyen de 15,7% et un ratio de fonds propres de catégorie 1 moyen de 11,4%, malgré une hausse de la sinistralité à 8,2% et une baisse des résultats bancaires de 43%. Cette résilience a été confirmée par les résultats des stress tests effectués par les banques et par Bank Al-Maghrib aux 2e et 4e trimestres de 2020.

Transition écologique
Sur le plan de la liquidité, la situation des banques est restée confortable à la faveur des mesures prises par Bank Al-Maghrib. Concernant la supervision bancaire, BKAM a dû s’adapter au contexte de la crise sanitaire et économique à travers un monitoring des sources de risque prioritaires et une attention renforcée à tout ce qui touche la protection de la clientèle.

Bank Al-Maghrib a également finalisé une série de réformes réglementaires, décalées en raison de la crise, et qui ont été adoptées en 2021. Par ailleurs, la crise pandémique a amené à booster le digital au niveau des services bancaires et à engager pleinement le secteur dans un processus de transition vers une finance écologique, durable et innovante.

«La crise pandémique a joué un rôle d’accélérateur du digital dans les services financiers tant du côté de l’offre bancaire que du côté des usagers. Dans ce contexte, la Banque a oeuvré à faciliter l’ouverture de comptes de paiement à distance pendant le confinement et défini les règles pour l’ouverture de comptes en ligne.

Un tableau de bord pour le monitoring des services financiers numériques a été mis au point avec les acteurs pour mieux apprécier les avancées et les mesures d’accompagnement qui s’imposent», souligne Abdellatif Jouahri.