2019, année d’éclaircies au Sahara marocain

LA DIPLOMATIE MAROCAINE TOUJOURS SUR LE PIED DE GUERRE

Malgré le travail de sape de l’Algérie, le Maroc a encore réussi à maintenir le cap dans la défense de son intégrité territoriale sur l’arène internationale.

C’est sûr, le dossier du Sahara n’est pas près d’être réglé. L’Algérie, malgré la crise politique qu’elle connaît depuis le 16 février 2019 sur fond de contestation par la population de l’hégémonie de l’armée sur le pouvoir, continue d’y soutenir le mouvement séparatiste du Front Polisario et de le faire bénéficier de son carnet d’adresses de par le monde.

A cet égard, le Maroc, roi Mohammed VI en tête, est encore demeuré, cette année 2019, sur le pied de guerre. Mais il y a bien longtemps, sans doute, que la diplomatie marocaine n’avait enregistré autant de succès dans la défense de l’intégrité territoriale du Royaume au plan international. Ainsi, un consensus tel semble, au fur et à mesure, se faire parmi le concert des nations que l’idée même d’un Etat indépendant, en l’occurrence la pseudo «République arabe sahraouie démocratique» (RASD), sur la partie des provinces sahariennes anciennement colonisées par l’Espagne apparaît désormais à beaucoup plus de monde sous son vrai jour, c’est-à-dire une simple chimère: il faut dire que le risque sécuritaire est de plus en plus pesant dans le monde arabe et en Afrique et particulièrement au Maghreb, en proie depuis plus de cinq ans au sanglant conflit libyen (quelque 9.000 morts, sans compter les blessés, dont le nombre dépasse le double), et le fait que le Sahara fasse sécession n’y arrangera sans doute pas les choses, d’autant plus que le Maroc y est historiquement légitime. De fait, début avril, le désormais ex-président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, confiait au journaliste palestinien Abdel Bari Atwan lors d’un entretien accordé dans la capitale de la voisine du Sud, Nouakchott, que «l’Occident, les Etats-Unis et l’Europe ne veulent pas l’établissement d’un Etat séparant géographiquement» son pays du Royaume.

Rester vigilant
Ce que, quelques mois plus tard, allait confirmer The Wall Street Journal selon des sources américaines proches des négociations relatives au règlement du conflit saharien -valant, au passage, au quotidien basé dans la ville de New York, aux Etats- Unis, un droit de réponse hystérique du représentant du Polisario en Australie et en Nouvelle-Zélande, Mohamed Kamal Fadel. Certains pays, à l’instar de la Côte d’Ivoire et des Comores, ont même pris de l’avance, puisqu’ils ont inauguré, au cours des derniers mois, des consulats dans la ville de Laâyoune, chef-lieu du Sahara marocain. Ils devraient être à l’avenir suivis par au moins deux autres pays africains, dont la Gambie, selon ce qu’a confié le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, lors d’un point de presse donné le 18 décembre 2019 dans la capitale, Rabat, aux côtés de son homologue comorien Souef Mohamed El Amine et au cours duquel avait justement été annoncée l’ouverture de la nouvelle représentation diplomatique de l’Etat de l’Océan indien.

Le chef de la diplomatie avait également révélé, à la même occasion, que Laâyoune s’apprête à accueillir «une intense activité diplomatique», avec notamment les réunions des commissions mixtes bilatérales entre le Maroc et certains pays africains et le forum entre le Royaume et les pays de l’Océan pacifique. Nul doute, bien évidemment, que ces pays n’auraient pu épouser les thèses marocaines sans un contexte international favorable. La diplomatie marocaine se doit, toutefois, de rester vigilante, notamment en Afrique, où l’Algérie mais aussi l’Afrique du Sud, autre ennemi reconnu de l’intégrité territoriale marocaine, continuent de s’activer afin que la «RASD» y ait toujours voix au chapitre.

On a ainsi vu le duo peser de tout son poids à l’encontre du Lesotho après que ce dernier ait retiré, le 7 octobre, sa reconnaissance de l’entité séparatiste; ce qui l’avait par la suite poussé à faire machine arrière et à adopter une position de «neutralité» qui n’est susceptible d’indisposer personne -le Lesotho est complètement enclavé dans l’Afrique du Sud, ce qui le laisse presque à la merci de cette dernière. Mais il faut dire qu’en ralliant, le 30 janvier 2017, l’Union africaine (UA) après près de trente-trois ans d’absence des instances continentales, le Maroc a asséné un véritable coup de Trafalgar à ses adversaires, dans la mesure où ces derniers ne sont plus aussi libres de leurs mouvements qu’auparavant. Cela s’est notamment vu fin mars 2019 lorsque l’Afrique du Sud a réuni dans sa capitale administrative, Pretoria, la Communauté de développement d’Afrique australe (CDAA) pour appuyer le Polisario: en réponse, trente-six pays africains avaient diligenté les chefs de leurs diplomatie jusqu’à la ville de Marrakech pour s’opposer à cette «interférence » de ladite organisation.

Aux Amériques, autre région du monde où le Polisario compte d’importants soutiens, le Maroc a réussi à obtenir de la Barbade, en juin, le gel de sa reconnaissance de la pseudo «RASD», et même, de la part du Salvador, un total retrait. Enfin, en signant, le 12 février, un nouvel accord de pêche avec l’Europe incluant explicitement le Sahara marocain, le Royaume a réussi à complètement neutraliser, et ce sur tous les continents, le Polisario sur la question des ressources naturelles, que le mouvement séparatiste cherchait depuis quelque temps à instrumentaliser auprès de différentes juridictions nationales et internationales. Reste toutefois aux ennemis du Maroc, surtout l’Algérie, d’entendre raison.

Ouvrir un dialogue
Comme l’a plusieurs fois rappelé le roi Mohammed VI, c’est de la voisine de l’Est que dépend principalement le règlement du conflit du Sahara marocain, dans la mesure où elle finance, abrite, arme et soutient diplomatiquement le Polisario. Ce fait est d’ailleurs aujourd’hui officiellement reconnu par la communauté internationale, et plus concrètement le Conseil de sécurité, qui dans ses trois dernières résolutions relatives audit conflit a fait de l’Algérie une partie prenante directe de ce dernier. Horst Köhler, démissionnaire le 23 mai de son poste d’envoyé personnel du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Sahara marocain pour «raisons de santé», avait à ce titre convié le pouvoir algérien aux deux tables rondes qu’il a tenues en Suisse respectivement les 5 et 6 décembre 2018 puis les 21 et 22 mars 2019.

A cet égard, le roi Mohammed VI avait tendu sa main, dans son discours de la Marche verte du 6 novembre 2018, pour ouvrir un «dialogue direct et franc avec l’Algérie soeur, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations»; proposition reprise dans son message de félicitation du 15 décembre au nouveau président algérien Abdelmajid Tebboune. L’année 2020 pourrait-elle, à ce titre, être différente de celle en passe de se terminer?


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