20 milliards de dhs de crédits distribués en 2021 par les banques participatives

Un rebond sur fond d’un contexte économique fragile

Malgré la hausse de 43% des crédits accordés en 2021, ce qui constitue un record dans leur vie, les banques participatives présentent une santé financière fragilisée par la faiblesse des dépôts des clients et la hausse sans précédent des taux de créances en souffrance.

Est-ce l’embellie pour les banques participatives? La finance islamique, lancée depuis quelques années par les banques conventionnelles, ne semble pas dormir sur ses lauriers comme le prétendent certains commentateurs. Elle semble même prospérer.

Selon les récentes statistiques rendues publiques par Bank Al Maghrib, les banques participatives ont accordé des financements qui ont atteint environ 20 milliards de dirhams en 2021, soit une croissance de 43% par rapport à 2020. Ces financements se répartissent notamment sur l’immobilier pour plus de 16 milliards de dirhams, la consommation pour un peu plus d’un milliard de dirhams, autant pour l’équipement et environ 60 millions de dirhams pour les crédits trésorerie destinés aux entreprises.

Rentabilité menacée
Parallèlement, les engagements des banques participatives ont dépassé 6 milliards de dirhams auprès des banques et ce, sous forme principalement de refinancement à travers le produit de «Wakala bil Istithmar» et de dépôts à vue reçus des banques mères.

Les comptes chèques et comptes courants ont, quant à eux, grimpé de 33% à plus de 5 milliards de dirhams, alors que les dépôts d’investissement ont atteint près de 1,6 milliard de dirhams. Mais là où le bât blesse pour les banques participatives, ce sont les dépôts des clients. Un créneau bancaire considéré comme le maillon faible de ces institutions financières, qui ne parviennent pas à drainer une clientèle suffisante. Dans ce sens, les banques participatives marocaines sont ainsi appelées à faire des efforts plus soutenus dans la mobilisation de l’épargne, notamment par la proposition d’une offre de services de la banque au quotidien.

Il faut dire que les banques participatives souffrent encore d’un déséquilibre de gestion bilancielle important dû à plusieurs facteurs, notamment un niveau de dépôts trop faible par rapport aux encours. Ce phénomène menace la rentabilité de ces institutions, dont le modèle d’affaires repose structurellement sur un niveau important de ressources gratuites, tout comme dans le secteur bancaire conventionnel.

Ce déséquilibre bilanciel est exacerbé par une très grande concentration du portefeuille des financements dans l’immobilier, dont les durations sont typiquement longues (à plus de 10 ans) face à des ressources de courtes maturités et une quasi-absence d’instruments de refinancement à des maturités plus longues. Pour remédier à cette faille, beaucoup d’experts financiers recommandent un recentrage sur des segments avantageux tels les professions libérales et les petites et moyennes entreprises, dont les financements sont structurellement caractérisés par des durations plus courtes.

Ils n’hésitent pas à penser que ces banques, à la santé financière fragile, feront vraisemblablement face à une vague d’impayés vu la détérioration de la situation économique et la hausse sans précédent des créances en souffrance.