1,15 milliard d'Euros de pertes pour l'Espagne

Opération Marhaba et exclusion des ports Espagnols

Le manque à gagner de la suppression de l’étape espagnole de l’opération Marhaba est évalué à 1,15 milliard d’euros dont 500 millions comme chiffre d’affaires de la traversée du Détroit. Aussi, des milliers d’emplois d’entreprises basés dans trois ports espagnols sont menacés.

Pour la deuxième année consécutive, l’opération Marhaba exclut les ports espagnols tels que ceux d’Algeciras, Tarifa ou Almeria. Ces trois terminaux organisent majoritairement, chaque année, le passage de 3,2 millions d’émigrants maghrébins qui, en provenance de toute l’Europe, traversent chaque année l’Espagne pour prendre les ferries et retourner dans leur pays d’origine pour y passer leurs vacances d’été. La décision du Maroc, qui intervient en pleine crise diplomatique entre le Maroc et l’Espagne après que le gouvernement de Pedro Sanchez a donné son feu vert à l’accueil et à l’hospitalisation à Logroño du chef des séparatistes du polisario, Brahim Ghali.

Passage annuel
Dans son édition du 7 juin 2021, le journal espagnol La Razon évalue le manque à gagner global de la suppression de l’étape espagnole de l’opération Marhaba, à 1,15 milliard d’euros dont 500 millions comme chiffre d’affaires de la traversée du Détroit. Les estimations suggèrent que le passage annuel des Marocains entraîne des dépenses d’environ 1.150 millions d’euros en Espagne: hôtels, nourriture, billets de ferry, stations-service… « De l’argent qui disparaîtra cette année», écrit La Razon.

Dans le secteur du transport maritime, la perte est encore plus qu’importante. La Razon cite le directeur commercial de la société FRS qui a déclaré sur Antena 3 Noticias, qu’« au niveau de la facturation, l’opération de traversée du détroit représente à elle seule 500 millions d’euros. Chaque escale d’un navire dans un port génère des milliers d’euros de chiffre d’affaires dans de nombreux secteurs : le remorqueur, les fournisseurs, les collecteurs de déchets, la blanchisserie… Bref, cette crise affecte une panoplie de sociétés de services », a expliqué à EFE Manuel Piedra, président de l’association des entrepreneurs des services portuaires de la baie d’Algésiras.

Une chose est sûre : La suspension de cette opération porte un coup dur à l’économie espagnole, et en particulier à celle d’une zone déjà très pénalisée économiquement, même en dehors de la pandémie, comme celle du camp de Gibraltar. La Razon rapporte que le responsable de la Fédération des services à la citoyenneté des commissions ouvrières dans le camp de Gibraltar, Miguel Alberto Diaz, a affirmé que cette mesure « rallonge la situation déchirante que vivent des centaines d’entreprises et met en péril le présent et l’avenir de milliers d’emplois dans les ports, y compris le personnel de la flotte et des terres des compagnies maritimes, le soutien aux passagers, les autorités portuaires, les agences de voyages, les transports routiers, les amarreurs, l’hôtellerie, les stations-service et donc une longue liste de familles qui craignent pour leur avenir ».

En pleine de la crise maroco-espagnole, Rabat avait communiqué autour du complot des autorités espagnoles avec les ennemis de l’intégrité territoriale du royaume et a averti le gouvernement Sanchez des conséquences de l’accueil de Brahim Ghali sur son territoire. En dehors de cette conséquence économique avérée, l’Espagne perdra aussi beaucoup sur le plan de la coopération sécuritaire et notamment en lien avec la lutte anti-terroriste.