BP swipe-970x250

Abdellatif Ouahbi: “Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme a vivement félicité le Maroc”


De retour de Genève, où il a présenté le rapport du Maroc devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, Abdellatif Ouahbi nous a accordé cet entretien portant sur les réactions des divers  intervenants.

A l’occasion de la présentation du rapport périodique du Maroc, devant le Conseil des droits humains de l’ONU, une impression générale s’est dégagée, à savoir que le Royaume a bel et bien réalisé des avancées. Pouvez-vous nous en dire plus?

Comme vous le savez, et vous l’avez d’ailleurs écrit dans votre hebdomadaire de cette semaine, j’ai eu l’honneur, en tant que ministre de la Justice, de présenter le rapport périodique du Royaume devant le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève. C’était le mardi 8 novembre 2022, avec des débats tenus par la suite. 

Un rapport qui détaille ce qui a été réalisé dans ce domaine sans omettre d’évoquer certains points sur lesquels il y a encore du chemin à faire. J’ai rappelé que ces points sont sujets à débat aussi bien au sein du gouvernement que des institutions élues et de la société civile. 

 

Comment a été la réaction des représentants des pays présents?

Il y a eu pas moins de 127 représentants qui ont demandé la parole pour réagir au rapport marocain. A part la Namibie et, bien sûr, l’Algérie, le reste des interventions ont salué les réalisations du Maroc; de la Russie à la Turquie en passant des pays de l’UE ou d’Amérique et d’Asie. Il y en a même qui ont considéré que le Maroc est un cas d’école, un exemple à suivre. Pour le représentant de l’Algérie, il a dépassé les limites en accusant le Maroc de tous les maux et en insistant avec de la désinformation sur ce qui se passe dans le Sahara marocain. Chose que nous comprenons, Alger faisant une fixation sur le Royaume. J’étais dans l’obligation de le «remettre à sa place», mais de la manière la plus respectueuse qui soit.

Sans vouloir m’étaler sur ce détail, j’ai notamment dit que le Maroc n’accepte pas de recevoir des leçons de la part d’un autre pays, l’Algérie que je n’avais pas nommée. J’ai relevé que «depuis 1975 et la récupération de nos provinces du Sud, nous y avons investi 200 milliards de dollars. Ce n’est pas de l’assistanat, mais cela découle de notre responsabilité envers notre peuple. Je regrette qu’une partie de notre peuple et des ressortissants subsahariens soient pris en otages dans un autre pays et exploités pour créer une crise politique et une crise internationale qui menacent la paix et la sécurité dans le monde.» 

Et, pour clore ma réplique, j’ai dit que «celui qui brandit le slogan des droits de l’Homme doit d’abord en appliquer les principes pour son propre peuple quand ce dernier manifeste pour réclamer des conditions de vie dignes, un peuple obligé de faire la queue dans la rue et devant les commerces pour un litre d’huile».


Ceci dit, je vous rappelle que le gouvernement marocain et l’ensemble de la classe politique du Royaume traitent leurs homologues algériens avec respect et bienveillance. Il y a eu dernièrement la réunion du conseil des ministres arabes de la Justice à Rabat et le ministre algérien a remercié publiquement le Maroc pour la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et j’en passe. Cela n’a pas été le cas pour la délégation du Royaume au sommet arabe d’Alger…. 

 

Il y a eu tout de même des critiques lors des débats au CDH à Genève au sujet du rapport marocain…

Je dois dire, en tant que Marocain, que j’ai été agréablement surpris par les interventions des dizaines de représentants des États membres. Ils ont salué les avancées du Maroc. Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, n’a pas tari d’éloges sur le Maroc et a relevé les efforts consentis par notre pays pour un meilleur respect des droits humains. Il a vivement félicité le Maroc et cela gêne les Algériens.

Il faut savoir une chose: depuis une bonne dizaine d’années, le Maroc est scruté de près par le système des Nations unies en matière des droits humains parce que des progrès sont réalisés et des engagements sont pris. Ce n’est pas le cas pour d’autres pays… Nous, au gouvernement, nous avons la ferme volonté d’aller davantage de l’avant.

 

Qu’en est-il des questions problématiques, notamment le droit des femmes et la violence à leur égard ou encore la peine de mort, qui ont été soulevées lors des débats?

D’abord, sur le plan global, le Maroc a réaffirmé son engagement, lors de la clôture du débat sur le rapport périodique, à prendre en considération toutes les remarques soulevées par les uns et les autres. Notre engagement pour la consolidation des droits humains dans notre pays est constant et irréversible. 

Le Maroc, dois-je le rappeler, a continué à prendre les mesures législatives et institutionnelles dans le cadre de la mise en œuvre de la Constitution et des engagements internationaux. Ainsi, l’adoption d’une nouvelle loi organique du Conseil national des droits de l’Homme a permis le renforcement des compétences de cette institution nationale et la consolidation de ses rôles de prévention, à travers la création de trois mécanismes nationaux: le Mécanisme national de prévention de la torture, le Mécanisme national de recours pour les enfants victimes de violations de leurs droits et le Mécanisme national de protection des droits des personnes en situation de handicap. Pour la peine de mort, les membres du CDH ont eu à savoir que le Maroc a suspendu l’application de cette peine dans la pratique pendant près de trois décennies, la législation nationale a été renforcée par la réduction des crimes passibles de la peine capitale par le biais de la loi sur la justice militaire, qui en a ramené le nombre à 5 au lieu de 16. Quant à la situation de la femme, nous avons également expliqué les avancées réalisées et les propositions en cours pour une véritable égalité homme-femme ?

 

Articles similaires