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Youness Elgazouli, star marocaine de Rai-Pop

Youness Elgazouli

Youness Elgazouli

Un «Herrag», immigré  clandestin, devenu  une star de la  chanson au Maroc  et en France. Cela  résume l’impressionnante histoire  du Youness Elgazouli, plus connu  sous son sobriquet artistique,  Youness. Entre la première fois où  il est monté sur scène à l’âge de 7  ans, et le sortie de son deuxième  album mi-novembre 2015, de l’eau  a coulé sous les ponts. Né à Fès le  11 avril 1983, Youness n’y passe  que les trois mois de sa vie, avant  de déménager avec sa famille à  Meknès.

Dans un entourage extrêmement  féru de musique, la trajectoire de  Youness commençait à se dessiner  tôt, très tôt. «On en écoutait tous,  beaucoup, et de tous les genres.  Cela m’a permis d’apprendre  plein de choses sur cet art, et m’a  surtout donné envie de devenir  chanteur», explique Youness, avec pas mal de nostalgie. A cette  époque-là, le petit Youness vouait  une admiration incommensurable  aux frères Bouchnak, qui  représentaient pour lui un modèle  à suivre et une source d’inspiration  et d’ambition. «Je me souviens  bien qu’ils passaient en dernier  lors des soirées artistiques diffusées  de la première chaîne marocain  à l’époque, et moi je résistais  tant bien que mal au sommeil  pour ne pas les rater. Des fois je  m’endormais avant et cela me  vexait trop».

Au commencement, une passion
Tellement forte et insaisissable,  cette passion pour le chant  préoccupait Youness même à  l’école. On est en 1991, et la  future star est encore en deuxième  année du primaire. L’institutrice  lui demande de réciter la table de  multiplication, mais lui ne peut pas.  Elle lui demande alors «Si tu ne sais  pas faire cela, que comptes tu faire  dans l’avenir, que sais-tu faire?».  Et là, le petit Youness répond  avec aisance et certitude «Je sais  chanter et un jour, je deviendrai  un célèbre chanteur!». Surprise  par la réponse de son élève, mais  surtout curieuse, l’instructrice  lui demande de chanter quelque  chose. «J’ai opté pour «Hamdillah  Ala Salama» de Ragheb Alama,  et ça a bien marché. La dame a  été tellement éblouie qu’après,  elle me retenait en classe durant la récréation pour m’écouter  chanter, et invitait même ses  collègues pour y assister».

Quelques années après, durant  son adolescence, Youness  développait lentement, mais  sûrement ses capacités musicales.  Il passe plus de quatre ans au  conservatoire de Meknès, où il  commence à canaliser son talent.  Il s’intéresse au piano au début,  avant de se tourner vers la guitare,  qui deviendra par la suite mon  instrument fétiche.

Au collège, où il chantait pour  ses camarades, il est considéré  comme une véritable petite star.  Et même quand il assistait lui  même à concert à Meknès, il était  toujours le dernier à quitter les  lieux. Dans sa tête, il se voyait déjà  sur scène, se produisant devant  un public pareil. «Désormais,  à chaque fois que je monte sur  scène, je pense à cette personne  qui quitte le concert en dernier,  et je me sens dévasté par mes  souvenirs d’enfance».

Le périple français
Quelque temps après, et  précisément en 2003, le large  public commence à découvrir  Youness. Celui-ci sort vainqueur  de Casting Star, une émission de  la première chaîne nationale et  parrainée par l’icône algérienne  du Rai, Chab Mami, pour  prospecter les jeunes talents. Une  victoire de courte durée, puisque  Youness se trouve, quelques  mois après, obligé de partir,  clandestinement, en France pour  poursuivre son rêve de devenir une  star confirmée. «Quand j’ai mis les  pieds en France, un froid bizarre et  foudroyant m’a secoué, et là, j’ai  su que les choses allaient être très  compliquées pour moi».

Le jeune à peine âgé de 21 ans  débarque à l’Hexagone et doit  tout recommencer a zéro. «Il faut vivre cette expérience pour en  mesurer l’ampleur», nous expliquet-  il. C’était trois années de vaches  maigres au début. «Je travaillais  dans l’ombre, et maintenant je  récolte le fruit de ce travail», se  targue-t-il. Entre temps, il participe  à plusieurs manifestations  artistiques, notamment huit foif  au Zénith de Paris.

Chanter la vie
Ce parcours difficile et semé de  difficultés n’a pas découragé le  jeune artiste. Bien au contraire,  Youness y trouve une intarissable  source d’inspiration. Ainsi, pour lui,  le chant et la musique deviennent  des instruments pour dépeindre le  vécu des Hommes. Les deux albums  de Youness, Safar et Ayami, sortis  en mai 2011 et novembre 2015  respectivement, sont la parfaite illustration de cette philosophie  de la vie qu’il adopte avec fierté.  «Dans ma chanson «Ramadan» par  exemple, j’ai essayé de raconter  ma propre expérience, à laquelle  des milliers d’immigrés peuvent  s’identifier, loin de ma famille,  pendant le mois sacré. Il m’arrivait  des fois de passer la nuit dans la  rue». Bref, pour Youness, afin de  mieux véhiculer un message, de  mieux parler d’une situation, il  faut la vivre, avec tout ce que cela  comporte comme sensations.

Cette  vision des choses a valu à Youness  les louanges de Michel Drucker, en  2009, lors d’une émission sur France  2. Le célèbre animateur français est  agréablement surpris par le jeune  chanteur marocain, à tel point qu’il demande une traduction en arabe  des ses chansons, et sur le champ.  En lisant la traduction, Drucker  répliquait directement «Ce jeune  artiste est passé par l’école de la  vie, cela est rare à trouver de nos  jours». Une scène restée gravée  dans la mémoire de Youness, qui  n’en cache pas sa fierté. «Cela  m’a permis de constater que j’ai  vraiment progressé depuis mon  arrivée en France», explique  Youness.

Progresser, encore
Et le jeune artiste ne compte pas  s’arrête de sitôt. Véritable bosseur,  il place la barre très haut. «J’ai  passé plus de trois ans à élaborer  mon premier album, et pareil pour  le second. Je suis dur envers moimême,  et si je constate la moindre  fausse note ou un petit détail qui  dérange, je recommence tout».  Pour lui, cela est une marque de  respect de son public, qu’il faut  habituer à écouter de la musique  bien élaborée, ou musique «classe»  comme aime tant à l’appeler  Youness. Et le jeune chanteur  compte consolider tous ces acquis,  surtout depuis sa très honorable  participation à l’émission The  Voice, en France, en 2014.

D’ailleurs, Youness prévoit de  présenter son nouvel album lors  de sa neuvième participation,  au Zénith de Paris, le 29 janvier,  à l’occasion des 30 ans de Rai,  aux côtés d’une pléiade d’icônes  qui ont fait la gloire de ce genre  musical.

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