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Une violence conjugale inversée

Par Abdellatif Mansour

L’homme y réfléchit à deux fois avant de se déclarer battu

Une fois n’est pas coutume, la femme est dans le box des accusés  pour violence faite à l’homme. Phénomène limite et minime  par rapport à la violence habituelle en sens inverse.

Lorsqu’on évoque la violence conjugale, on pense généralement  à une femme violentée par son mari. Ce renvoi, presque systématique,  est très proche de la réalité; mais il n’est pas toute la réalité. Car  voilà qu’une voix, presque discordante, vient d’introduire une nuance,  toute en relativité, dans cette vérité un peu trop généralisante. Le Réseau  marocain de défense des droits de l’homme affirme qu’il existe aussi des  hommes violentés par leurs femmes. Soutenir une assertion à contre-courant  d’une idée reçue et profondément ancrée dans les esprits, relevait  d’une misogynie éhontée et inqualifiable.

Et pourtant, le dernier rapport du réseau associatif, dont le président, Abdelfattah  Bahjaji, n’est pas venu les mains vides, livre quelques chiffres à  priori désopilants. Ils sont 20 mille époux victimes de la violence de leurs  épouses, depuis 2008 à ce jour. Durant les sept derniers mois, 200 cas  ont été enregistrés. Toute chose étant par ailleurs égale, le rapport fait un  subtil distinguo entre les différentes formes de violence.

Les agressions physiques représentent 25% du total, contre 20% pour  les invectives verbales. Les atteintes à l’intégrité physique et morale de la  personne; en l’occurrence le conjoint, ne reflètent pas la dimension réelle  du problème, pour des raisons qui tiennent à notre culture et à nos us et  coutumes. L’homme y réfléchit à deux fois avant de se déclarer battu par  sa femme. Ce genre d’aveu est perçu par l’entourage comme un déclassement  par rapport à une masculinité en perdition.

L’association en question invite, malgré tout, à la prudence. Même s’il  touche toutes les catégories socio-économiques, ce phénomène est très  marginal par rapport à la violence dans l’autre sens. Celle des femmes  violentées par leurs maris. Il ne s’agit donc pas, nous dit-on, de diaboliser  une gent féminine couramment qualifiée d’angélique. La femme reste toujours  l’avenir de l’homme, comme dirait le poète

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