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Les ventes des biens immobiliers s’effondrent dans les principales villes

Le stock des invendus difficile à liquider

Les promoteurs immobiliers mènent depuis quelque temps déjà une opération de déstockage pour réduire le niveau des invendus. Dans les grandes villes, même avec un stock important, les promoteurs ne lâchent pas prise sur la question du prix.

L’immobilier bat toujours de l’aile. Tous segments confondus, les ventes s’effondrent dans les principales villes. Les taux bancaires des crédits immobiliers revus à la baisse (4 à 5,5% hors taxes) n’ont pas réussi à soutenir vraiment la demande. Dans le segment du logement social, les promoteurs immobiliers ont mis en veilleuse certains de leurs projets, réduit au minimum leurs investissements et mènent même une opération de déstockage depuis le début de l’année. De surcroît, le concept du logement social montre ses limites en termes de matériaux utilisés, de superficies exiguës (entre 45 et 60 m2), le non-respect de la densité et du cahier des charges, la promiscuité, des cités ghettos et des îlots isolés… Certains nouveaux quartiers de banlieue ne sont pas du tout connectés au reste de la ville.

Même constat pour le segment du moyen standing, sauf que dans ce segment, l’offre est inadaptée à la demande en termes de superficie et de prix. Si auparavant les promoteurs n’osaient pas parler de crise, aujourd’hui ils sont nombreux à témoigner, sans complexe, de grosses méventes, de stocks d’invendus, d’agios bancaires qui s’accumulent et se multiplient ou encore de ralentissement de l’activité et des mises en chantier…

Mais, en dépit les stocks d’invendus, certains promoteurs immobiliers ne lâchent pas prise. Notamment dans les grandes villes comme Casablanca ou Tanger. Il n’y a pas eu de baisse comme cela est attendu dans ce genre de situations.

Des profits gonflés
Le maintien des prix dans les quartiers où la demande est forte et où le foncier se fait rarissime, nourrit la spéculation. Et c’est là l’objectif ultime de certains de ces promoteurs immobiliers qui cherchent à gonfler leurs profits. A Tanger, même cas de figure. Sauf que dans la ville du Détroit, les placements immobiliers juteux servent un autre acabit de spéculateurs. Il s’agit, en l’occurrence, de trafiquants et de contrebandiers qui cherchent à blanchir l’argent sale en investissant dans l’immobilier et en cumulant dans leurs actifs des immeubles et des appartements qui ne sont mis pas sur le circuit de la commercialisation.

Une croissance en leurre
Dans ces deux segments, le marché est saturé quoique la demande est là, importante. Le paradoxe s’explique justement par une offre pléthorique et surtout inadaptée dans de nombreuses villes. L’offre est donc abondante et la demande importante. Outre la question de l’inadéquation de l’offre à la demande, le pouvoir d’achat ne suit pas. C’est le cas des cibles des segments économique et moyen standing. Pour relancer la machine, les promoteurs attendent des incitations fiscales pour lancer un produit adéquat. Encore faut-il mettre des garanties et des gardefous pour ne pas retomber dans la même erreur et enclencher une nouvelle bulle spéculative qui, finalement, n’a pas servi ses initiateurs.

La croissance euphorique du secteur de l’immobilier a été un leurre. Il y a eu beaucoup de volonté de combler le déficit en logements. L’on a mis la machine à la vitesse supérieure. Mais l’on a oublié de mettre tous les ingrédients pour garantir le succès de la formule. Produire, oui. Mais pour qui? A quel prix? A-t-on pensé à la mobilité des familles, à la satisfaction de leurs besoins en termes d’équipements de base (école, hammam, boulangerie, mosquée…) avant de leur construire des ghettos dans la périphérie des grandes villes? Le problème, c’est que, au jour d’aujourd’hui, l’on a l’impression que les responsables politiques et les promoteurs immobiliers n’accordent toujours pas leur violon.

Chaque partie tente de tirer la couverture de son côté. Certains responsables, d’un côté comme de l’autre, voient dans les négociations un bras de fer. La résultante est cette situation d’impasse dans laquelle le secteur de l’immobilier est pris en otage. Les ménages à revenus limités et modestes en paient la facture. Leurs attentes ne sont jamais prises en considération. Elles demeurent insatisfaites.

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