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Les universités en mal de formation continue

Saïd Amzazi

La Cour des comptes au chevet des établissements d’enseignement supérieur

L’impératif pour nos universités est plus que jamais de donner la priorité aux spécialités qui permettent de trouver un emploi.

Dans son rapport annuel au titre des années 2016 et 2017, la Cour des comptes a notamment mis le doigt sur certains aspects de la gestion de la formation continue dispensée par les établissements d’enseignement supérieur. Une gestion dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle souffre de plusieurs maux. À commencer par l’absence de cadre réglementaire et de suivi par le ministère de tutelle, qui n’est autre que celui de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique que dirige Saïd Amzazi. Ainsi, en examinant les tenants et les aboutissants de la stratégie dudit ministère pour la période 2005-2020, les experts de l’institution de contrôle que dirige Driss Jettou ont notamment mis en évidence l’absence d’une politique globale visant la structuration et le développement de la formation continue au niveau des universités.

Structures non opérationnelles
Parmi les reproches faits à ces dernières, la Cour des comptes considère que leurs «structures organisationnelles » sont autant «différentes» que «généralement non opérationnelles». D’ailleurs, la majorité des universités n’ont procédé à l’organisation et à la structuration de la formation continue que pendant les cinq dernières années. Une grande partie d’entre ces universités ont adopté une organisation mixte au niveau à la fois des différents établissements d’enseignement supérieur et au niveau de la présidence des universités.

La Cour des comptes enfonce le clou en reprochant aux universités non seulement la mise en place de tarifs des formations sans commune mesure avec une évaluation objective de leurs coûts mais surtout leur recours excessif aux vacataires et une accréditation de formations sans aucune étude préalable du marché de l’emploi. Contribuant, ainsi, à aggraver les mécanismes de fabrique des chômeurs, tant reprochée aux différents cycles de la formation initiale notamment dans les universités à accès ouvert. Or, ce qui est demandé de plus en plus à nos universités c’est de dispenser à nos jeunes une formation de qualité censée leur ouvrir les portes du marché de l’emploi et favoriser leur intégration socio-professionnelle.

Pour rectifier le tir, et dans la lignée du discours royal du 20 août 2018, l’impératif pour nos universités est plus que jamais de donner la priorité aux spécialités qui permettent de trouver un emploi et d’instaurer un système efficace de mise en place de spécialités répondant le plus que possible aux besoins des entreprises. Le tout dans le respect total des critères de choix des responsables pédagogiques. Responsables pédagogiques qui doivent plus que jamais se doter de l’intégrité intellectuelle et morale et de la déontologie professionnelle nécessaire pour accomplir cette noble mission de formation et d’encadrement.
Car tout manquement à ce professionnalisme et à cette déontologie ne peut que mener qu’à des dérives dommageables pour tous.

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