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Une rentrée économique morose

Seddik Mouaffak

Seddik Mouaffak

Certes, l’amélioration, notamment pour cause de chute du  baril de pétrole et de reprise des transferts des MRE, de  certains indicateurs macro-économiques comme le solde  moins négatif de la balance commerciale, la bonne tenue des  investissements directs étrangers ou la reconstitution des réserves de  change n’en cache pas moins une dégradation des plus inquiétantes de la  situation de certaines entreprises du secteur productif marocain.  Qu’elles soient de petite ou de moyenne taille, ou dans une moindre  mesure de grande taille, certaines entreprises du secteur industriel ou  même celles du secteur du bâtiment, sans parler de celles de l’immobilier,  connaissent une conjoncture morose, se traduisant, entre autres, par des  difficultés de trésorerie.

À l’instar du secteur du bâtiment, fort créateur d’emplois, le secteur  touristique passe, également, par une conjoncture le moins qu’on puisse  dire est qu’elle soit favorable. En effet, les deux pôles touristiques du  Maroc que sont Marrakech et Agadir ont enregistré, selon les derniers  chiffres du Haut Commissariat au Plan (HCP), durant les sept premiers de  l’année en cours, des baisses des nuitées respectivement de 10% à 9%,  ce qui équivaut à 73% des nuitées perdues à l’échelle nationale. Quant au  taux d’occupation jusqu’à la fin de juillet 2015, il n’a pas dépassé les 39%,  en régression de quatre points par rapport à l’année 2014. Résultat: les  recettes générées par l’activité touristique au niveau national ont connu  une baisse de 3,1% en s’élevant à 30,3 milliards de dirhams, contre 31,2  milliards de dirhams en 2014.

Avec ces résultats peu encourageants, il ne faut pas s’attendre à un impact  favorable sur le marché du travail. La machine de production ne tournant  pas au régime souhaité, les entreprises en manque de crédit ne créent pas  suffisamment d’emplois. En face, les chômeurs, notamment parmi les  jeunes, perdent espoir dans une reprise de l’activité économique qu’ils  ne voient pas pointer à l’horizon. Souvent laissés à eux-mêmes, ils ont  tendance, de plus en plus, à perdre confiance en l’avenir. Ceux issus des  milieux défavorisés sont les plus précarisés sur le marché de l’emploi.  Même pour ceux qui ont la chance d’avoir un emploi, la situation n’est  guère enviable.

Ainsi, selon le HCP, parmi ceux appartenant respectivement à la tranche  d’âge 15-24 ans et 25-34 ans, et ils sont légion, seuls 3,9% et 19,3% arrivent  à travailler en mode Contrat à Durée Indéterminée (CDI). Quant au reste,  c’est-à-dire la majorité, ils exercent un emploi sans contrat. Le projet de loi  de finances 2016, dont les grandes lignes ont été présentées par Mohamed  Boussaid, ministre de l’économie et des finances, au cours du conseil des  ministres du mardi 13 octobre 2015, saura t- elle faire face à cette précarité  et redonner espoir à nos jeunes?.

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