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Une loi de finances qui fait l’impasse sur les salariés

Abderrahmane Azzouzi (FDT), Noubir Amaoui (CDT) et Miloudi Moukharik (UMT).

Abderrahmane Azzouzi (FDT), Noubir Amaoui (CDT) et Miloudi Moukharik (UMT).

Le ras-le-bol des syndicats

CRISE. L’UMT s’insurge contre une loi de finances qui ne tient pas compte des revendications des salariés. Le gouvernement ne lâche rien. La rupture avec le mouvement syndical est consommée. Une rentrée sociale conflictuelle en perspective.

Les signaux d’une rentrée  sociale plutôt chaude se  profilent et se précisent.  L’UMT, chef de file du  mouvement syndical national,  annonce la couleur. La première  critique concerne une actualité  toute fraiche: la présentation du  projet de loi de finances 2016 au  parlement.

Il était convenu que ce transfert  ne devait avoir lieu qu’après  concertation préalable avec les  partenaires sociaux et la prise en  compte des revendications des  syndicats. Ce n’est pas là un vice  de forme, à travers une consultation  juste pour alimenter une  opération de communication;  mais bel et bien un vice de fond.  Car, le gouvernement, estime-ton  dans les milieux syndicaux, a  décidé de passer outre une vraie  négociation; préférant un passage  en force fondé sur la seule  arithmétique majoritaire de la  ratification législative.

Déséquilibres sociaux
En tout état de cause, le fameux  dialogue social est plus que  jamais en panne. Les accords  dûment conclus et non appliqués  remontent au 26 avril 2011. Le  gouvernement Benkirane n’était  pas encore aux commandes. Il  n’empêche. La continuité de  l’État ne connaît pas pour autant  un passage à vide; encore moins  un retour sur des engagements  paraphés. À l’évidence, et malgré  les déclarations de bonnes intentions,  l’exécutif de Benkirane n’a pas assumé le reliquat de son  prédécesseur. Le conflit d’intérêt  est, somme toute, naturel.  Le souci premier de sauvegarde  des grands équilibres financiers  et comptables est, à la limite,  compréhensible; à condition que  cela ne soit pas au détriment des  équilibres sociaux.

Or, c’est précisément ce qui se  produit actuellement et ce que  l’UMT; par la voix de son secrétaire  général, Miloudi Moukharik;  rejette catégoriquement. Pour  donner un contenu concret à ce  rejet, l’UMT a rappelé les revendications  prioritaires des salariés.  En premier lieu, la hausse des  salaires, appuyée par un allégement  substantiel de la pression  fiscale.

Viennent ensuite la revalorisation  des allocations familiales et la prise en considération des propositions  des syndicats concernant  la réforme du régime des retraites  civiles; ainsi que la renonciation,  sur ce sujet, à toute décision unilatérale  et coercitive imposée  d’en haut.

Sur ces doléances, jugées légitimes  et parfaitement faisables,  l’UMT devait adresser un mémorandum  au gouvernement. Toute  la question est de savoir si cet  énième appel du genre sera  entendu globalement ou partiellement  pour que les circuits du  dialogue soient rétablis. Un rétablissement  à temps pour que le  projet de loi des finances amendé  soit un peu plus imprégné de fibre  sociale et un peu moins obnubilé  d’économie comptable.

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