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Une enfance récupérée…

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Les fugueurs vivent sous la menace de la drogue et de la prostitution

Le Maroc compte 14.000 enfants de la rue. Quelques-uns, grâce au travail associatif, sont récupérés. C’est le cas de Abdessamad, 16 ans, et de Rihana, 7 ans, qui jouissent du soutien de l’association Bayti.

Quoi de plus effrayant chez l’homme que sa capacité à banaliser le tragique? De nos jours, une enfance perdue dans la rue est un fait banal. Mais qu’est-ce qu’un enfant de la rue? Ce n’est pas forcément un sans-abri. Il y en a qui ont un foyer, une famille, mais qui occupent la rue le jour durant avant de retourner au gîte… ou pas. C’est le cas de Abdessamad, un enfant de 16 ans à peine, issu du Grand Casablanca. «J’ai quitté chez moi quand j’avais 9 ans», dit-il. Pourtant, Abdessamad dit avoir un chez lui plutôt tranquille. A noter qu’une bonne partie des fugueurs qui finissent dans la rue ont des problèmes familiaux selon la directrice de l’association Bayti, Amina Lmalih. Abdessamad n’a pas quitté chez lui d’un coup, mais pour des périodes de plus en plus longues, ceci, jusqu’à rompre à jamais avec le foyer.

après 7 ans de perdition, la bonne main se tendit. Il fait la rencontre d’un ami qui lui parla de l’association Bayti. Ni une ni deux pour Abdessamad, c’était chose faite. «Je fus bien accueilli… là je suis en 6ème… je rentre chez mes parents chaque soir… après, je compte faire une formation professionnelle », dit-il, plein d’espoir, dans un ton entrecoupé. «L’association tient à rétablir le lien de l’enfant avec sa famille, et va jusqu’à proposer un accompagnement pour les deux parties afin de les aider à mener à bien leur vie commune», dit l’éducateur Mohamed.

La rue à 7 ans…
Peu d’enfants vont d’eux-mêmes demander de l’aide aux associations. Il s’agit souvent d’un travail de terrain mené par les éducateurs, les assistantes sociales. Un travail fait de rencontres et d’abordages. «Nous rôdons souvent à la gare de Oulad Ziane, c’est là où on en trouve le plus… puis nous ne pouvons pas être partout, par manque de moyens, et de là, d’effectifs».

Dieu sait qu’aurait été le sort de Rihana, 7 ans seulement, retrouvée à la même gare, si elle n’avait interpellé le regard scrutateur de l’éducateur Mohamed. Rihana nous raconte d’un ton d’enfance rongée que sa mère, s’adonnant à la boisson, ne prend nul soin d’elle, et la bat aussi… Rihana, sans tarder, a été prise en charge par l’éducateur, qui établit de suite un lien avec la mère. Les faits s’avèrent réels. La mère est telle qu’en témoigne la fille. Elle ne peut de ce fait la garder. Rihana d’un côté jouit du soutien de l’association et suit ses cours à l’école. Quant à la mère, un accompagnement lui est prodigué par l’association afin de la préparer à recevoir à nouveau son enfant. Entre temps, Rihana voit sa mère une fois par semaine.

La vulnérabilité des enfants de la rue, estimés à 14.000, est certaine. Vivant pour la plupart de la mendicité, ils versent dans la toxicomanie ou dans le commerce de leurs propres chaires pour ainsi survivre dans ce milieu difficile. Un milieu où la seule loi qui prévaut est celle de la rue.

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