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Un violent séisme qui fait plus de 3.200 morts au Népal

Immeubles en ruine après le séisme le 26 avril 2015 à Khokana dans la vallée de Katmandou  AFP

Immeubles en ruine après le séisme le 26 avril 2015 à Khokana dans la vallée de Katmandou
AFP

Des dizaines de milliers de Népalais effrayés et sans logement patientaient sous des tentes de fortune lundi dans l’attente de secouristes du monde entier qui affluent après le violent séisme qui a fait plus de 3.200 morts à travers le pays.

Munis d’équipements spéciaux et accompagnés de chiens renifleurs, les équipes humanitaires internationales débarquent avec la régularité d’une horloge à l’aéroport de Katmandou, dans la banlieue de cette capitale d’ordinaire dynamique dévastée samedi par un puissant séisme.

Le tremblement de terre de magnitude 7,8 survenu samedi a fait 3.218 morts et plus de 6.500 blessés au Népal même – le plus meurtrier depuis 80 ans -, selon un nouveau bilan publié par le service de gestion des catastrophes du ministère népalais de l’Intérieur.

En Inde voisine, les autorités ont fait état de 67 morts. En Chine, au moins 20 personnes ont été tuées.

Le tremblement de terre a également déclenché une avalanche sur le mont Everest, où une vague de neige comparée par un survivant à un « immeuble blanc de 50 étages » a déferlé sur le camp de base.

Dix-huit décès ont été confirmés dans le massif où se trouvaient en ce début de saison d’alpinisme 800 personnes, dont de nombreux étrangers, selon les estimations de responsables locaux. Mais en raison des difficultés à communiquer, il était impossible d’évaluer l’étendue des destructions sur le Toit du monde.

Comme pour rajouter au désastre, les répliques, dont certaines très violentes, se sont succédé dimanche. Elles ont provoqué de nouvelles avalanches sur le mont Everest alors même que des hélicoptères évacuaient les personnes les plus grièvement blessées.

– ‘Pourquoi toutes ces répliques?’ –

A Katmandou, des dizaines de milliers d’habitants ont passé une nouvelle nuit dehors, sous des tentes de fortune.

« C’est un cauchemar, pourquoi ces répliques ne cessent-elles pas? », se désespère Sanu Ranjitkar, une femme de 70 ans agrippée à son chien, le visage recouvert d’un masque à oxygène, assise sous une bâche.

Le sol tremble encore régulièrement et beaucoup n’ont pas fermé l’oeil de la nuit, n’ayant que quelques bâches de plastique pour se protéger des fortes pluies qui se sont abattues sur la ville.

« Il y a tellement de peur et de confusion », constate Bijay Sreshth en tentant d’écouter la radio dans l’espoir d’entendre un message du gouvernement.

« Nous ne savons pas ce que nous allons devenir et le temps que nous allons passer ici », dit ce père de trois enfants, qui s’est réfugié avec eux, sa femme et sa mère dans un parc.

Les survivants ont besoin d’eau potable et de denrées de base tandis que les zones rurales attendent désespérément l’arrivée de secours, selon un responsable du gouvernement.

« Nous avons besoin d’hélicoptères pour les opérations de secours dans les zones rurales », explique le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Laxmi Prasad Dhakal.

« Nous avons aussi besoin d’eau potable et de vivres pour les survivants », a-t-il ajouté.

La situation difficile des rescapés est aggravée par les coupures de courant et la fragilité des réseaux de communication, qui sont au bord de l’implosion.

Les autorités népalaises expliquent qu’elles font le maximum pour venir en aide aux régions isolées les plus proches de l’épicentre du séisme, à environ 80 kilomètres au nord-ouest de Katmandou.

En annonçant le dernier bilan du désastre, un responsable du service de gestion des catastrophes a souligné que les secouristes tenteraient aussi lundi de dégager les personnes prises au piège dans les décombres des immeubles effondrés.

– Médicaments et couvertures –

« Aujourd’hui, nous allons tenter de trouver des survivants dans les décombres des immeubles élevés qui se sont écroulés », a dit à l’AFP Rameshwor Dangal.

En particulier, la tour historique de Dharhara, l’une des attractions touristiques majeures de la capitale sur la place du Durbar, n’est plus que ruines.

Selon la police, qui se fonde sur la billetterie, environ 150 personnes visitaient la tour blanche de neuf étages, dotée d’un escalier en spirale de 200 marches et surmontée d’un minaret de bronze datant du XIXe siècle, lorsqu’elle s’est écroulée.

Au moins 30 corps ont été extraits des décombres tandis que plus de 20 blessés ont pu être secourus. « Nous n’avons pas fini de travailler dans la tour », a commenté un porte-parole de la police.

Les secouristes népalais reçoivent le renfort de centaines d’humanitaires venus de pays comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis.

Environ 70 Américains sont ainsi en route pour le Népal alors que Washington a annoncé le déblocage d’une première enveloppe d’un million de dollars.

Londres a annoncé 5 millions de livres, le Canada 5 millions de dollars et l’Union européenne 3 millions d’euros.

Cette aide doit servir à financer du matériel de première urgence comme l’eau potable, les médicaments, les abris provisoires. L’Inde a dépêché 13 avions militaires chargés de tonnes de nourriture et de couvertures.

Des ONG françaises, comme Médecins du Monde (MDM), Handicap International et Action contre la Faim ont déjà des équipes à pied d’œuvre.

Les hôpitaux sont débordés et les médecins mobilisés 24 heures sur 24 pour soigner les blessés dans des conditions très difficiles. Des chirurgiens ont dû opérer dans des théâtres de fortune érigés sur des parkings. Les morgues arrivent, elles, à saturation.

Le Népal, à l’instar de toute la région himalayenne, où se rencontrent les plaques tectoniques indienne et eurasienne, est une région à forte activité sismique.

En août 1988, un séisme de magnitude 6,8 avait fait 721 morts dans l’est du Népal. En 1934, un tremblement de terre de magnitude 8,1 avait tué 10.700 personnes au Népal et en Inde.

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