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Un numéro vert pour dénoncer la corruption

Mustapha Ramid au milieu lors du lancement de la ligne verte. Rabat, le 19 juin 2015.

Mustapha Ramid au milieu lors du lancement de la ligne verte. Rabat, le 19 juin 2015.

Le phénomène de la corruption  ne cesse de gangrener  l’administration marocaine.  Selon un récent sondage, réalisé  par un organisme international en  l’occurrence Transparency Maroc,  les deux secteurs les plus corrompus  sont la justice et la police. Mais  cela n’a pas empêché le ministère  de la justice de lancer un numéro  vert (08 0000 47 47) pour dénoncer  ce phénomène.

Selon le ministre de la Justice,  Mustapha Ramid, «ce numéro vert  constitue l’outil efficace permettant  aux citoyennes et aux citoyens  de contribuer à la lutte contre la  corruption dans un cadre participatif  ». Comment ce numéro fonctionnera-  t-il ? D’après le ministre,  les appels seront automatiquement  transférés à des magistrats  spécialisés, chargés de procéder à  l’enregistrement des informations.  Les dossiers seront ensuite transmis  au parquet compétent pour  prendre les mesures judiciaires  qui s’imposent. Un fichier informatique réservé aux dénonciations  sera instauré. Il est aussi indiqué  que le système permettra de protéger  les dénonciateurs. Sans oublier  qu’une campagne publicitaire  audiovisuelle sera également lancée  dans un but de sensibilisation.

Manque de volonté
Seulement, quelques jours après  son lancement, le numéro a été  assailli par les corrompus. C’est  ce qu’a révélé Mustapha Ramid,  mardi 23 juin 2015, lors d’une  séance à la Chambre des représentants.  «Nous avons enregistré  plusieurs appels anonymes qui  nous insultent et ridiculisent notre  démarche. Mais nous n’allons pas  nous décourager.

Nous allons poursuivre  notre action même si elle ne  plaît pas à certaines personnes»  Le PJD, qui a remporté un succès  historique aux législatives de fin  2011, avait fait de la lutte contre  la corruption un de ses chevaux de bataille durant la campagne  électorale. Mais une fois au pouvoir,  presque rien n’a été fait pour  endiguer ce fléau qui porte une  grave atteinte à l’image du pays au  niveau international. Transparency  International évoque souvent un  manque de volonté politique et  de mise en oeuvre de la stratégie  nationale promise.

En 2012, le gouvernement avait  fait diffuser des clips TV et radio  condamnant ce phénomène.  Ce combat «avance, mais lentement  », a résumé en début d’année  le président de l’Instance centrale  de prévention de la corruption,  Abdeslam Aboudrar, selon qui il  faudra au moins 10 ans au Maroc  pour parvenir aux standards internationaux.  Le Royaume a gagné 11  places en 2014 dans le classement  de Transparency International,  passant de la 91ème à la 80ème  place.

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