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Un mauvais tour

Mansour-1Un tour de cyclisme peut en cacher d’autres. Dans ce cas d’espèce, le tour d’Algérie est une parfaite illustration. Il a pris le départ de sa longue randonnée le samedi 7 mars 2015. Sans la sélection marocaine, qui était présente sur les lieux et fortement décidée à y participer. Nos cyclistes se sont effectivement retirés lorsqu’ils ont appris qu’une équipe du Polisario était de la partie. Pas par peur de les avoir dans les roues; mais par un rejet de jure et de facto selon les règlements de l’Union cycliste internationale (UCI), qui ne reconnaît d’habilitation qu’à ses États membres pour participer aux tours se revendiquant de cette adhésion. Ce qui n’est pas le cas, tant s’en faut, du microcosme polisarien conçu, façonné et agité, en toute circonstance, par l’Algérie. Une situation que pourrait éclaircir Mohamed Belmahi, président de la Fédération royale marocaine du cyclisme, membre du comité directeur de l’UCI en tant que représentant du continent africain.
Et pourtant, les responsables de la Fédération avaient prévenu leurs homologues algériens qu’en cas de présence d’un Polisario à vélo, ils ne prendraient pas part à cet événement. Les Algériens ont attendu le dernier appel sur la ligne de départ pour sortir de leur chapeau une équipe badigeonnée aux couleurs défraichies et poussiéreuses de la RASD. Il faut rappeler que lors de la précédente édition, 2014, les cyclistes marocains avaient bel et bien participé au tour d’Algérie, avec un bon parcours compétitif, selon la presse française de nos voisins.
Il faut croire que le produit RASD est devenu si difficilement vendable que ses procréateurs sont ainsi réduits à sauter sur toutes les occasions pour lui donner un supplément de vie.
Triste sort d’un mythe qui n’en a plus vraiment sous la pédale et qui doit passer par la pédale pour se parer d’un hypothétique attribut d’existence. Imaginez le sentiment des séquestrés de Tindouf, sous leurs tentes d’un tiers de siècle et d’usure par les éléments de la nature et les aléas de la politique algérienne, dans cette vastitude sahrarienne où il n’est pas possible d’enchaîner deux tours de roues. À moins d’avoir des vélos sur chenilles.
Nos compatriotes sahraouis des camps seraient les premiers interloqués par les exploits de “leurs cyclistes” sur des circuits carrossables. Les plus imaginatifs d’entre eux se prendraient à rêver d’un même prodige sahraoui de ski sur les pistes enneigées des hautes Alpes délocalisées. Comme quoi, lorsque le sport se fait tordre le cou pour être mis au service de projets politiques surréalistes, il crève le mur du ridicule.
À l’évidence, le Maghreb sans frontières n’est pas pour demain la veille, même au rythme d’un tour de roues. Un bémol d’optimisme, cependant, les cyclistes algériens seront les bienvenus à un tour du Maroc qui passera par Laâyoune, Smara, Dakhla et Boujdour; avec un crochet et une vue imprenable sur l’autre côté des frontières, du haut de Lahmada de Boudnib

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