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Un bijou architectural sous-exploité

CRÉDIT PHOTO: DR

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La Madrasa mérinide de Salé  se situe dans le quartier  piétonnier de Talâa, à  quelques mètres à peine  de la très célèbre Grande  mosquée de Salé. La madrasa est  desservie par la rue de Ras Chejra,  où se trouvent plusieurs mausolées,  comme la zaouïa Tijania, la zaouïa  de Sidi Bouzekri, ou encore la zaouïa  Ad-Dlil.

Avant d’y arriver, le visiteur doit  parcourir un réseau compliqué de  ruelles. Une bonne connaissance  des lieux ou l’aide d’un guide  s’imposent alors.

Architecture marocaine
Mais le trajet, long et compliqué  soit-il, offre une opportunité de  découvrir un modèle parfait d’une  ancienne médina marocaine.  Une fois arrivé devant l’édifice, la  Madrasa mérinide impressionne  d’emblée ses visiteurs, grâce à une  sublime porte couverte d’en haut par un auvent de cèdre sculpté, et  qui se dresse au haut d’un perron.  A l’instar de la Grande mosquée,  la porte de la Madrasa mérinide  est usée et noircie par le temps, et  est bordée par de la pierre jaunâtre  sculptée. Une affiche blanche  accrochée à côté de la porte fournit  aux visiteurs un bref aperçu sur la  madrasa.

Une fois la porte franchie, un escalier  débouche, à droite, sur le tout petit  vestibule de la madrasa. Mais, avant  de monter aux étages supérieurs, la  grande et majestueuse cour attire  l’attention.  D’une superficie de plus de 40m2,  cet espace rectangulaire est une  merveille architecturale. Le sol  est recouvert d’une succession de  petites pièces de zellige en blanc et  noir, et un peu moins en vert.  Face à l’épreuve des siècles,  quelques parties du sol ont perdu  de leur superbe, et les trois couleurs  y sont à peine visibles. Au centre de  la cour se trouve une petite fontaine  d’ablution de la même couleur que  le zellige du sol. Ce qui est d’ailleurs  le cas des murs de la cour jusqu’à  1m50 de hauteur.

Des écritures koufiques multicolores  courent autour de l’édifice, aussi  bien sur les murs que sur le toit.  On y apperçoit des versets du Saint  Coran et des Hadiths, ou même une  inscription, gravée sur une dalle de  marbre blanc, indiquant que la  médersa a été construite par «Amir  Al-Mouminin» (Commandeur des  croyants) en 1333.  Le toit, fait de bois de cèdre, et  composé de tuiles vernissées, reste  la «star» de la madrasa. Il arrive à  fasciner les visiteurs, plus que toute  autre partie de l’édifice. Egalement,  seize colonnes dominent la cour  principale, dont quatre, celles des  angles, sont doublées et combinées.  En plus de la cour principale, une  salle de prière complète le rez-dechaussée.  Le sol et les murs de la  salle de prière disposent de la même décoration que la cour principale.

Deux arcs délimitent un carré central  couvert d’un splendide plafond en  forme de pyramide, où est suspendu  un majestueux lustre marocain en  métal doré, finement ciselé. Un  mihrab décoré est creusé dans le  mur opposé à la porte d’entrée de  la salle de prière. Toutefois, cette  dernière n’est pas ouverte et ne  dispose pas d’étages supérieurs,  contrairement à la cour principale.  En plus du niveau inférieur,  composé de la cour et de la salle  de prière, la Madrasa mérinide  compte également deux autres  niveaux supérieurs. Ces deux  étages se ressemblent beaucoup,  tant par leur composition que par leur décoration.

Pour y accéder, il  faut emprunter les escaliers situés  à proximité de la porte d’entrée  de la madrasa. Étroits, faiblement  éclairés et conçus en forme d’hélice,  ces escaliers offrent une sensation  particulière en les montant. A peine  arrivé au premier étage, le visiteur  a le choix de virer à gauche ou bien  à droite. Le choix fait, il se trouvera  dans un couloir étroit ouvert sur le  ciel. Sur le flanc gauche du couloir,  se trouvent trois petites pièces, dont  les portes sont décorées qui servaient  de chambres pour étudiants lorsque  la madrasa remplissait encore sa  mission de base. A son bout, ledit  couloir se prolonge à gauche et  devient largement plus sombre. Là  aussi, trois autres petites pièces sont  construites. Respectant une sorte de  symétrie, le premier étage dispose  de 12 chambres au total.

Le deuxième étage est quasiment  calqué du premier, mis à part quelques petites particularités.  En effet, l’entrée à gauche de ce  niveau dispose de six pièces, alors  que celle de gauche n’en a que trois.  Au total, la Madrasa mérinide est  composée de 21 chambres.

Héritage d’un sultan
La Madrasa mérinide de Salé,  connue aussi sous le nom de  médersa d’Abu al-Hassan, plus  communément médersa d’Attalâa,  a été édifiée entre 1333 et 1341 par  le sultan Abu al-Hasan ben Uthman,  sous la dynastie des Mérinides. Avec  une superficie de 180m2, elle est  l’une des plus petites médersas du  Maroc.  Cette madrasa était conçue pour l’enseignement de la charia,  la littérature, les linguistiques,  la philosophie et la médecine.

Le nombre de ses enseignants  effleurait les 100, dont de célèbres  scientifiques et penseurs, comme  Ibn al-Khatib, Abdellah Al Moughit  et Ahmed Ibn Acher.  Le nombre limité des places  imposait des critères précis de  sélection des étudiants. Ces derniers  étaient majoritairement des fils de  notables, avec quelques brillants  étudiants issus de couches sociales  moins aisées.  Actuellement, la madrasa est  devenue un monument historique  à vocation touristique. Le ticket  d’entrée coûte dix dirhams, et  l’affluence des touristes atteint son  pic au mois de ramadan et en été.  Les visiteurs sont en majorité des  étrangers, alors que les Marocains  préfèrent venir le vendredi, où  l’accès à la madrasa est gratuit.

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